BELGIQUE

Michèle Sioen, patronne des patrons

Michèle Sioen, patronne des patrons

Michèle Sioen, 49 ans, devient la première présidente de la FEB. BELGA

C’est elle, désormais, qui haussera le ton au nom des patrons. Michèle Sioen entre en piste à la FEB, à un mois des élections.

Talons aiguilles, robe élégante, longues jambes dorées. Voici le nouveau patron des patronnes. Michèle Sioen entre officiellement en piste à un mois des élections. Elle est la première femme à présider la FEB. La presse, curieuse, est venue en nombre observer ses premiers pas.

Michèle Sioen rabat quelques mèches blondes derrière ses oreilles. Et se lance. «Devenir présidente de la FEB n’était absolument pas dans mes plans. Mon job est d’être CEO, cela reste ma priorité », annonce-t-elle d’emblée. Madame dirige le groupe Sioen Industries, coté en bourse. Il s’agit d’une société spécialisée dans la production de textiles techniques, de vêtements de protection techniques et de produit de chimie fine. Une entreprise en pleine croissance et d’envergure internationale. Pour la FEB, elle avait le profil rêvé pour défendre les entreprises belges. Pieter Timmermans, le «permanent» de la FEB signale: «il nous a fallu 15 minutes pour nous mettre d’accord sur son nom, à moi et Pierre Alain De Smedt (le président sortant de la FEB, NDLR)».

Toute en maîtrise et élégance, Michèle Sioen, 49 ans, défend le point de vue de la FEB. Par ailleurs mère de trois enfants âgés de 22, 21 et 17 ans et prénommés Jean-Charles, Audrey et Antoine, cette chef d’entreprise innovante sait ce qu’elle veut. Elle aligne les priorités qu’elle défendra avec vigueur au nom de toutes les entreprises de Belgique. En tête: le «handicap salarial belge qui atteint 16,5% par rapport à nos principaux partenaires commerciaux. Il faut ramener les charges patronales sur le travail de 35% à 25% de manière linéaire ».

Le coût de l’énergie est son second cheval de bataille. «En tant que CEO de Sioen Industries, active de 15 pays, je sens quotidiennement la différence des coûts énergétiques entre les différents pays», dit-elle. La nouvelle présidente pointe ensuite le chômage des jeunes qui dépasse 20% en Belgique «alors que tout le monde cherche des collaborateurs, surtout techniques et dans les nouvelles technologies ». Elle réclame enfin un cadre juridique stable pour les entreprises. Et de dénoncer le retrait des intérêts notionnels.

«Ce seront trois années de travail très dur»

Le fait d’être une femme? Elle évacue: «c’est la compétence qui compte. De plus en plus de femmes prennent le pouvoir ». Les syndicats? Elle assure. «J’ai longtemps géré les conseils d’entreprises. Je pars du principe que nous avons les mêmes intérêts. Mes relations ont été cordiales avec les syndicats jusqu’à présent », répond-elle. Et ajoute avec un sourire un rien timide «bien sûr ce n’est pas la même chose qu’une concertation sociale, on verra… Ce sera trois ans de travail très dur ».

Sa proximité avec le VOKA, le réseau d’entreprises flamand dont le lobby est très dur? « Il y a des différences entre Flandre et Wallonie. Mais il y a aussi des différences entre un Limbourgeois ou un Anversois. Mes relations avec le VOKA sont très bonnes, de même avec l’union wallonne des entreprises », dit-elle, en faisant danser ses longues boucles d’oreille dorées. Michèle Sioen a déjà adopté le parler politiquement correct.