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Condoléances turques aux Arméniens : ni « reconnaissance » ni « excuses » pour Charles Aznavour

Condoléances turques aux Arméniens : ni « reconnaissance » ni « excuses » pour Charles Aznavour

Charles Aznavour reste critique par rapport au message du Premier ministre Erdogan. AFP

Le chanteur français d’origine arménienne Charles Aznavour estime que le terme de «condoléances» utilisé par le Premier ministre turc dans son message «aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915» doit être lu «non comme une reconnaissance et encore moins comme une présentation d’excuse» pour le génocide.

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«L’humanisme qui doit présider aux relations entre les peuples et plus largement entre les gens voudrait que cette déclaration soit un premier pas vers un dialogue qui nous était refusé depuis cent ans», explique l’artiste dans un communiqué jeudi à l’AFP.

«Pour autant, la prudence amènerait à penser que cette expression de condoléances est motivée par d’autres considérations que ce dialogue tant voulu pour la vérité historique», poursuit Aznavour, l’un des ambassadeurs de la chanson française à travers le monde et qui était venu en aide en 1988 à l’Arménie, meurtrie par un tremblement de terre, en fondant le comité «Aznavour pour l’Arménie».

«Ne reconnaissant toujours pas le génocide, il faut donc lire dans la déclaration de M. Erdogan le terme de “condoléances” non comme une reconnaissance et encore moins comme une présentation d’excuses, mais comme une simple volonté personnelle à vouloir se montrer un homme politique prétendument “ouvert”», estime le chanteur, qui fêtera ses 90 ans en mai.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a présenté mercredi les condoléances de la Turquie « aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915 », à l’occasion du 99e anniversaire des massacres visant cette communauté sous l’Empire ottoman.

C’est la première fois qu’un responsable turc de ce rang se prononce aussi ouvertement sur les événements qui ont marqué les dernières années d’un Empire ottoman sur le déclin sans pour autant utiliser le mot «génocide» que la Turquie nie catégoriquement.