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Le comédien David Murgia passe sa journée en cellule à Ixelles: «Des policiers rotent et pètent, je vis un mauvais film»

Le comédien David Murgia passe sa journée en cellule à Ixelles: «Des policiers rotent et pètent, je vis un mauvais film»

«Je n’ai pas pu prendre de note, je n’ai pas pu donner mon témoignage, je n’ai pas pu lire le PV», assure Murgia sur Facebook. Reporters / Abaca

Tout aurait démarré quand il a traversé en dehors du passage pour piéton, juste en bas de chez lui… Le comédien David Murgia se dit victime de violence et d’un enfermement «abusif»: il a passé son lundi de Pâques dans une cellule de la police de Bruxelles-Ixelles.

«Hier matin, je suis allé chercher deux pains au chocolat chez le boulanger d’en face. Je suis resté 7 heures au cachot. Aujourd’hui, je n’ai pas pris de risque. Mais le café a un goût amer».

Voilà comment le comédien David Murgia raconte son lundi de Pâques sur sa page Facebook (voir juste ci-dessous). Sur le site du Vif, qui rapporte l’information, le Magritte du Meilleur espoir masculin 2013 explique comment il s’est retrouvé dans les cellules de la police de Bruxelles-Ixelles: il a voulu traverser en dehors du passage pour piéton alors que la police embarquait une voiture en bas de chez lui. Vu l’intervention, la circulation était en effet à l’arrêt.

 



«Quoi? T’as un problème?!»

«Un policier m’a demandé de manière agressive de traverser sur le passage pour piéton si je ne voulais pas passer mon lundi de Pâques en cellule. J’ai obtempéré en disant qu’il y avait d’autres moyens de le demander», raconte Murgia au Vif. «Le ton est monté. Je suis arrivé de l’autre côté en grommelant»

D’après Murgia, c’est alors que le ton est monté. Le comédien, connu pour ses rôles dans «Rundskop», «La Régate» ou «Je suis supporter du Standard» et actuellement au Théâtre National dans «Le Signal du Promeneur», explique sur Facebook que le policier lui aurait «aboyé» dessus. «“Quoi? T’as un problème?!” Je réponds: “ En effet, il y a un problème: je n’apprécie pas la manière avec laquelle vous m’adressez la parole”».

«Gamin de merde: tu vas fermer ta gueule»

S’ensuit une escalade de démonstration de force de la part du policier. Ce dernier emmène Murgia près de sa voiture et l’immobilise par une clef de bras. «Je pourrais être ton père, gamin de merde: tu vas fermer ta gueule!» Tout en restant le plus calme possible, le comédien reste fidèle à sa première ligne de conduite: «Je n’apprécie pas la manière avec laquelle vous me parlez!»

Menottes aux poignets, après avoir été plaqué contre la voiture jusqu’à la douleur, David Murgia est alors emmené au commissariat. Il explique n’avoir pas pu témoigner, ni téléphoner, ni prendre des notes. Au commissaire qu’il aperçoit «12 secondes», le comédien parle d’un «absurde malentendu». «Je suis absurde? Mon collègue est absurde? Nous sommes absurdes?», aurait répondu le commissaire. «Il est midi et onze minutes et Monsieur Murgia est privé de liberté».

«La tête basse»

Après le passage de rigueur aux urgences ou «le médecin ne constate ni ma blessure au visage, ni les marques laissées par les menottes volontairement trop serrées», Murgia, «la tête basse», passe la journée en cellule, dans le froid. Il ne peut pas prévenir son employeur. «Des policiers rotent et pètent, je suis au milieu d’un mauvais film écrit par un mauvais scénariste».

Après 7h de cachot, David Murgia est raccompagné à la sortie. Il n’a pas pu prendre connaissance du procès-verbal dressé à son encontre. Il rentre chez lui à 21h30. «La tête basse, c’est comme ça qu’ils voulaient me voir».

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«Des affaires mensongères»

 

Ce n’est pas la première fois que la police de Bruxelles-Ixelles est accusée de «bavure» ces derniers mois. Cet été, deux jeunes accusaient les policiers de «violences homophobes» à la sortie d’un concert du Brussels Summer Festival. En mai 2013, un «passage à tabac en cellule» avait abouti à une enquête du Comité P.

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Nous avons tenté de contacter le porte-parole de la zone Bruxelles-Ixelles ce jeudi matin mais notre appel est resté sans réponse. Contacté par le Vif, Christian De Coninck nie cependant les accusations.

«Ces affaires qui concernent la police de la zone Bruxelles-Ixelles sont mensongères. Certains médias ne prennent pas toujours en considération ce qui se passe réellement avant de les relayer. Si ces gens se sentent lésés, ils doivent déposer plainte et une enquête sera ouverte. Le problème des violences policières est pris très au sérieux».