ÉLECTIONS RÉGIONALES -

Henry (Écolo) : « Le discours du MR nous éloigne par rapport à il y a 5 ans »

Henry (Écolo) : « Le discours du MR nous éloigne par rapport à il y a 5 ans »

Les points d’accroche entre le MR et Écolo sont moins nombreux qu’il y a cinq ans, estime le ministre Henry. Belga

Au jeu de la chasse aux petites phrases qui alimentent les supputations sur les coalitions possibles d’après élections, on retiendra ce matin celle de l’écolo Philippe Henry.

Entre Jean-Luc Crucke, député wallon MR, habituellement chaud bouillant quand il s’agit de critiquer le bilan du gouvernement wallon et le ministre écolo Philippe Henry habitué au rôle de punching-ball, le débat matinal en radio sur la Première RTBF pouvait présager d’échanges musclés.

Il n’en a rien été et c’est tout en retenue, mais fermement, que les deux candidats ont exprimé tout ce qui les éloignait. Principalement sur l’économie. Un thème qui sera évidemment incontournable pour l’avenir de la Wallonie et, donc, central dans les négociations d’après élections.

Et là, ce matin, Philippe Henry a lâché de ces petites phrases qui peuvent parfois en dire long. À la question de savoir si MR et Écolo pourraient travailler ensemble sur l’économie wallonne, matière sur laquelle les convergences étaient pourtant réelles avant que l’Olivier ne pousse en Wallonie, le ministre vert a répondu: «il est clair que le discours du MR aujourd’hui, et que j’entends encore ce matin, nous éloigne par rapport à il y a 5 ans.»

«Tout le monde peut s’améliorer, même Écolo»

Jean-Luc Crucke venait encore une fois de taper sur le dossier du photovoltaïque et des certificats verts. Dossier qui a miné la fin de législature wallonne et qui est «le résultat de l’économie verte, de l’énergie verte qui est d’abord un coût pour le citoyen».

«Je comprends que vous reveniez sans cesse avec ce dossier », répliquait Henry, relevant que le MR préfère surfer sur un dossier polémique et médiatiquement porteur, quitte à jeter au feu l’ensemble de l’économie verte «pourtant créatrice de milliers d’emplois dans les nouvelles technologies, les circuits courts, l’agriculture,…»

Autant dire qu’après que son collègue député Willy Borsus ait prôné le stop éolien, remettre en cause le bien-fondé de l’économie verte dans son ensemble est un casus belli qu’il serait difficile d’effacer si réformateurs et écologistes devaient se mettre à la table des négociations après le 25 mai…

Même si Jean-Luc Crucke notait, sans doute plus ironiquement que sincèrement: «oui on peut toujours travailler avec Écolo car tout le monde peut s’améliorer, même Écolo…»