Après avoir pris connaissance des déclarations plus détaillées de la ministre, la Ligue des droits de l’homme (LDH) n’est ni convaincue, ni rassurée. «C’est incohérent», réagit Diane Bernard, de la commission Psychiatrie de la LDH. «Pourquoi proposer un amendement auquel on ne tient pas? Pourquoi proposer une disposition qu’on ne veut pas mettre en œuvre? Pourquoi ne pas proposer tout de suite un amendement “valable”?», se demande-t-elle.

La Ligue y voit soit un cafouillage, soit un argument électoraliste: « On peut interpréter ça comme du populisme. On “vend” l’idée que les personnes privées de liberté ne coûteront plus rien à l’État », précise Diane Bernard.

Si la loi est votée, la LDH considère que le parcours n’est pas terminé. «Le travail peut aussi se faire devant la Cour constitutionnelle, parce que cet article crée des discriminations. Et aussi dans la négociation des arrêtés permettant de mettre la loi en œuvre.»