Valverde met tout le monde au pied du mur

Valverde met tout le monde au pied du mur

Valverde n’a toléré personne dans son sillage dans la montée du mur de Huy. Belga

En signant une 2e victoire sur la Flèche Wallonne, Alejandro Valverde a surtout marqué son territoire en vue de la Doyenne.

Que déduire de cette Flèche Wallonne ensoleillée et exempte de vent, remportée hier à plus de 43 km/h de moyenne par Alejandro Valverde? D’abord que le départ de Bastogne en valait la peine, de par le monde réuni autour de la place McAuliffe, en face du décompteur de la centième Doyenne.

Ensuite que le coureur espagnol s’est imposé à Huy pour la deuxième fois de sa déjà longue carrière. La première, c’était en 2006. Cette année-là, il s’était imposé aussi pour la deuxième fois à Liège-Bastogne-Liège. Est-ce un signe tangible d’une domination ce dimanche de la part de El Imbatido, notamment au vu de sa suprématie affichée dans la dernière montée du mur de Huy hier? L’homme est rusé et ne souhaite pas s’avancer dans le jeu aléatoire des pronostics.

À bientôt 34 ans, cela sera ce 25 avril, Valverde possède suffisamment de métier pour ne pas s’aventurer sur ce terrain miné. «J’étais déjà satisfait de mon classement à l’Amstel (4e) et j’avais surtout une grosse envie de gagner, souriait-il. Dimanche dernier, c’était Gilbert le plus fort. Cette fois, c’était à mon tour, avec une formation à ma disposition très consistante.»

Il est évident que les Movistar, cette fois, furent à la hauteur durant la course. Bien aidés par les Katusha de Moreno (9e hier), ils n’eurent aucune peine à revenir sur les trois seuls attaquants de la journée, Van Hecke, Clarke et Navardauskas. On l’aurait deviné: le tout, encore une fois, s’est résumé à une course de côte, largement dominée par Valverde, qui a eu le temps de réajuster son maillot et de lever les deux bras au ciel en franchissant la ligne.

À ce petit jeu, il ne faudrait pas perdre de vue que Martin, 2e , et Kwiatkowski, 3e , sont aussi fin prêts pour dimanche. Mais Gilbert, 10e , n’a évidemment pas dit son dernier mot, on vous en parle par ailleurs.

Alors? On ne sort pas de ce schéma: les dix premiers de hier seront sans aucun doute les protagonistes de cette centième Doyenne, qui s’annonce grandiose ce dimanche, ne serait-ce que par la présence du roi Philippe.

Au-delà du protocole, peut-on aussi résumer cette Doyenne à un simple duel entre Gilbert et Valverde?

«Philippe était vraiment fort sur l’Amstel, consent Valverde. Mais cette course n’a rien à voir avec Liège. Tout y est différent, d’autant qu’il y a d’autres coureurs qui y ont aussi des ambitions. En ce qui me concerne, j’avais vraiment de bonnes sensations, l’équipe aussi et cela me fait plaisir. Vous savez, j’ai toujours envie de courir, chaque année qui passe.»

C’est marrant, parce que Gilbert, le soir de sa victoire sur l’Amstel, ne disait pas autre chose. Et quand on parle de duel…