Pouvoir vacciner même à 40° C

MSF réclame un assouplissement des conditions de conservation des vaccins… Reporters / Photononstop

De nombreux enfants pourraient être sauvés si les firmes pharmaceutiques fournissaient davantage d’informations sur la sensibilité des vaccins à la chaleur, a affirmé hier Médecins sans frontières (MSF) à l’entame de la semaine mondiale de la vaccination, du 24 au 30 avril.

D’après l’ONG, le respect de la chaîne du froid, qui pose de nombreux problèmes logistiques dans les pays en développement, n’est pas toujours nécessaire.

Les entreprises pharmaceutiques recommandent habituellement de conserver les vaccins entre 2 et 8 °C. Pour l’heure, un seul vaccin a reçu l’approbation officielle de l’Organisation Mondiale de la Santé pour être utilisé après une exposition de maximum quatre jours à 40 °C. Pourtant, plusieurs études montrent que d’autres vaccins résistent à la chaleur. MSF en a récemment fait l’expérience au Tchad, indique l’organisation: elle a comparé l’efficacité d’un vaccin antitétanique chez deux groupes de femmes qui ont reçu soit un vaccin maintenu dans une chaîne du froid rigoureuse, soit un vaccin conservé hors chaîne du froid pendant 30 jours. Les deux groupes étaient valablement protégés contre le tétanos.

Des conditions à assouplir

Chaque année, plus de 22 millions d’enfants de moins d’un an ne reçoivent pas toutes les vaccinations nécessaires. Ce nombre pourrait sensiblement diminuer si les conditions de conservation des vaccins étaient plus souples, estime MSF, en particulier dans les régions chaudes, isolées, où l’électricité n’est pas assez fiable pour garantir la réfrigération.

À plus long terme, MSF demande que les vaccins soient développés et qualifiés en incluant dès le départ des objectifs de stabilité thermique ambitieux.