Sauvons les meubles

EDA

Cela fait six ans qu’il habite à la maison. Il fait partie des meubles, mon chien. Je ne croyais pas aussi bien dire…

Car hier, un collègue, d’ailleurs ami avec mon chien sur Facebook, m’a annoncé tout de go que mon chien n’était qu’un meuble… J’étais interloqué, incrédule.

Mais il avait pourtant raison.

Contrairement à la France, où un amendement va être apporté au code civil afin de donner aux animaux la qualité d’êtres vivants doués de sensibilité, chez nous, un chien a toujours le statut de meuble conformément au code napoléonien qui régit ses droits.

Voilà donc six ans que chaque année, je fais vacciner un meuble… À 45€ la visite chez le vétérinaire, il est de loin le meuble le plus cossu que je possède à la maison. Car si vous comptez son prix d’achat (et croyez-moi, je ne l’ai pas acquis sur une brocante) et ses frais d’entretien (il ne supporte ni les croquettes, ni les boîtes) ce petit meuble blanc qui ne fait pas plus de 30 centimètres (c’est un jack russel) m’a coûté bien plus cher qu’une petite commode Louis XVI et tous les produits nécessaires pour l’astiquer qui vont avec.

Mais il me le rend bien.

Car il est le seul meuble qui a son petit nom, qui vous écoute quand on lui parle et qui vous apporte vos pantoufles lorsque vous êtes très fatigués.

Quand j’y pense, voilà donc aussi six ans que je me promène à travers bois et champs chaque dimanche, avec un meuble à une laisse. Et personne ne m’a jamais rien dit!

On dit que le ridicule ne tue pas. Mais quand même, quand j’apprendrai à mon beau-frère, qui garde mon chien durant mes vacances, qu’il est en quelque sorte son garde-meubles, cela va beaucoup m’amuser.