Berlusconi, le roi Silvio

En près de 40 procès, Berlusconi vient d’être pour la première fois condamné. AFP

Même après une quarantaine de procès, la popularité de Berlusconi reste intacte. Enquête sur la méthode Berlusconi.

Mis en cause dans plusieurs affaires financières, de mœurs et autres, Silvio Berlusconi demeure très populaire dans son pays. Qu’est-ce qui explique un tel engouement de la part de l’électorat italien? Le documentaire Berlusconi le roi Silvio revient sur vingt ans de berlusconisme triomphant.

L’homme, né dans une famille de petits bourgeois a commencé sa vie active comme chanteur sur des bateaux de croisière et en vendant des aspirateurs à domicile. On essayera de comprendre comment il a réussi à devenir en quelques années le plus grand entrepreneur italien, à la tête d’un empire englobant télévision, édition, publicité, finance ou encore grande distribution et cinéma.

Le réalisateur Marco Amenta est parti à la rencontre de ceux qui l’ont côtoyé tout au long de sa carrière, aussi bien de ses proches que de ses adversaires.

L’opacité est une des constantes du parcours de Silvio Berlusconi. Dans les années 1970, on s’interroge déjà sur la manière dont il se procure les capitaux nécessaires à la construction de Milano Due, une ville nouvelle à côté de Milan. On le soupçonne d’entretenir des relations avec la Mafia par l’intermédiaire de son ami l’ancien sénateur Marcello Dell’Utri.

C’est avec ce dernier que Berlusconi crée sa première chaîne de télévision et fonde en 1994 son parti Forza Italia. Il est alors dans le collimateur de la justice. Selon le juge Antonio Di Pietro, le magistrat qui, au début des années 1990, déclenche l’opération mains propres sur les rapports illicites entre le monde de la politique et celui des affaires, «Berlusconi a trouvé une nouvelle voie, celle d’entrer au Parlement et de se faire ses propres lois pour ne pas être inquiété». Une tactique qui a longtemps parfaitement fonctionné.

France 5, 20.35