CORÉE DU SUD

Ferry coulé : un équipage inactif

Ferry coulé : un équipage inactif

Le comportement du capitaine et de l’équipage du Sewol est clairement pointé du doigt AFP

L’enquête sur le ferry coulé (65 morts et 238 disparus) révèle que l’équipage, paniqué, est resté inactif. Retardant même la sortie des passagers…

Les opérations de récupération de dizaines de corps se poursuivaient lundi à l’intérieur du ferry qui a fait naufrage, alors que la Corée du Sud, sa présidente en tête, condamne l’inaction dont a fait preuve l’équipage, paniqué, au moment du drame.

«Les actes du capitaine et de certains membres de l’équipage sont totalement incompréhensibles, inacceptables et équivalents à un meurtre», a déclaré la chef d’État. «Non seulement moi, mais tous les Sud-Coréens, avons le cœur brisé, sous le choc, et rempli de colère».

Le dernier bilan lundi fait état de 65 morts et de 238 disparus, sur les 476 personnes à bord du Sewol, dont 352 lycéens en voyage scolaire.

Les échanges, rendus publics, avec les autorités maritimes lors de l’accident dépeignent un équipage paniqué, incapable de prendre une décision, alors que le Sewol, immobilisé suite à un choc, s’apprête à sombrer.

Les autorités ordonnent de s’assurer que tout le monde porte un gilet de sauvetage, tandis que l’équipage s’affole et demande quand vont arriver les bateaux de secours.

«Faites-leur au moins porter une bouée de sauvetage et laissez-les flotter! Tout de suite!», crie un responsable des secours à terre.

Il est de plus en plus évident que le capitaine, Lee Joon-Seok, 59 ans et des années d’expérience, a retardé bien trop longtemps l’évacuation du ferry, et qu’il a ensuite «abandonné» les passagers en quittant le bateau, alors que des centaines étaient encore à bord, piégés, a estimé la présidente.

«Ça dépasse complètement l’imagination, d’un point de vue légal et moral», a déclaré Mme Park, promettant que tous ceux reconnus responsables seront traînés devant la justice.

Selon les témoignages des rescapés, après que le ferry s’est immobilisé, les passagers ont reçu la consigne de ne pas bouger, pendant plus de 40 minutes.

Lorsque le bateau a commencé à piquer du nez, il était trop tard pour sortir, les passagers ne parvenant pas à remonter le long de couloirs glissants, en oblique, alors que l’eau s’engouffrait.

Pour reconstituer le déroulé des événements, les enquêteurs récupèrent des centaines de messages envoyés par les passagers – la plupart des adolescents -, notamment via Kakao Talk, un service de messagerie instantanée très populaire en Corée.

Un de ces messages a été envoyé par une lycéenne à son père, identifiée sous le nom de Shin. «Papa, ne t’en fais pas. Je porte mon gilet de sauvetage et je suis avec les autres filles. Nous sommes dans le bateau, dans le couloir».

Son père lui ordonne de sortir à tout prix mais il était trop tard. « Papa, je ne peux pas. Le bateau penche trop. Le couloir est plein de gens», dit-elle dans son dernier message.

La police a arrêté lundi quatre membres supplémentaires de l’équipage, après avoir interpellé samedi le capitaine et deux membres de l’équipe, dont l’officier subalterne peu expérimenté qui se trouvait à la barre lors de l’accident.