La priorité : éviter le bain de sang

Joe Biden est arrivé à Kiev alors que la situation sur le terrain ne semble pas s’améliorer. AFP

Le vice-président américain Joe Bidenest arrivé à Kiev. Au moment où la situation sur le terrain connaît un regain de tension…

La Russie a accusé lundi les autorités ukrainiennes pro-occidentales de violer l’accord de Genève censé mettre fin à l’escalade dans l’Est, en proie à une insurrection séparatiste, au moment où le vice-président américain arrivait à Kiev leur apporter son soutien.

Selon un haut responsable américain accompagnant le vice-président, Joe Biden compte insister sur la nécessité de maintenir «l’unité nationale» et appeler à «une mise en œuvre urgente» du compromis signé jeudi entre l’Ukraine, la Russie, les États-Unis et l’Union européenne.

Le document, qui avait créé un espoir d’apaisement de la crise la plus grave depuis la Guerre froide entre Moscou et les Occidentaux, prévoit le désarmement des groupes armés illégaux et l’évacuation des bâtiments occupés.

Mais les tensions, loin de retomber, sont encore montées d’un cran pendant le week-end pascal avec une fusillade meurtrière à Slaviansk, bastion des séparatistes qui ont demandé à Vladimir Poutine d’envoyer des troupes, et lundi une nouvelle charge de Moscou contre les autorités ukrainiennes.

«Non seulement, l’accord de Genève n’est pas respecté mais des mesures sont prises, notamment par ceux qui se sont emparés du pouvoir à Kiev, qui l’enfreignent grossièrement», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Washington et Kiev accusent Moscou de fomenter les troubles actuels dans l’Est de l’Ukraine. La Russie souligne de son côté que le centre de Kiev reste occupé par les groupes, notamment nationalistes, qui se sont mobilisés jusqu’à la chute de Viktor Ianoukovitch.

Depuis la perte par Kiev de la Crimée, les États-Unis et l’Union européennes ont appliqué des sanctions contre de hauts responsables russes. Et Washington menace de s’attaquer désormais à des pans entiers de l’économie russe, déjà confrontée à des fuites massives de capitaux.

Le ministère russe des Finances a estimé lundi que le pays se trouvait déjà probablement en «récession technique», le produit intérieur brut semblant parti pour se contracter au deuxième trimestre, comme au premier.

Impossible d’isoler la Russie

«Les tentatives d’isoler la Russie sont vaines, car isoler la Russie du reste du monde est impossible», a balayé M. Lavrov. «Tout d’abord parce que nous sommes une grande puissance, indépendante et qui sait ce qu’elle veut. Et deuxièmement parce qu’une écrasante majorité de pays ne veulent pas isoler la Russie», a-t-il ajouté.

Les autorités ukrainiennes ont lancé la semaine dernière une opération «antiterroriste» pour reprendre la main dans la région, mais l’envoi de chars et avions de chasse a tourné à la déroute, certains blindés passant sous contrôle des pro-russes et d’autres rebroussant chemin après avoir été bloqués une journée par de simples villageois.

En fuite en Russie, le président déchu Viktor Ianoukovitch a appelé lundi Kiev à retirer toutes ses troupes de l’Est et à entamer un dialogue avec des leaders locaux, pour éviter, dit-il, un bain de sang.