La Game Boy, c’était il y a 25 ans

La Game Boy, sortie en 1989, a été écoulée à 118 millions d’unités. À Tokyo, elle était vendue 56 euros. SSPL / Reporters

Elle a posé les fondements du jeu vidéo portable. Elle est née le 21 avril 1989. Elle, c’est la console de jeu Game Boy.

Il y a 25 ans, le 21 avril 1989, sortait dans le commerce la première console de jeu vidéo de poche à cartouche interchangeable, la Game Boy du japonais Nintendo, une merveille pour les gamins qui ne connaissaient pas encore le smartphone.

Lorsqu’en ce printemps 1989, en pleine période délirante de bulle financière et immobilière, la Game Boy fut lancée au Japon, les jeunes Nippons étaient déjà des férus de jeux sur TV grâce à Nintendo et à sa console de salon «Famicom» arrivée en 1983.

Pouvoir trimbaler leur nouvel amusement high-tech favori était le rêve des mômes d’alors. La firme de Kyoto fut la première à le réaliser, tout comme Sony fut le premier à mettre un lecteur de musique dans la poche des adultes dix ans auparavant.

La Game Boy, vendue 8 000 yens à l’époque (56 euros actuels), c’est « 35 heures de jeu dans la poche avec quatre piles bâtons», clamait la publicité.

La Game Boy changeait tout: « c’était révolutionnaire: on pouvait jouer partout, un vrai bonheur quand on voyageait avec les parents», se souvient Jesus Mera, un Espagnol de passage dans une boutique de jeux de Tokyo.

«Si Nintendo a devancé les autres sur ce terrain, c’est que la firme appartenait, et depuis des décennies, à l’univers du jeu de société. Elle connaissait le jeune public, ce qui n’était par exemple pas le cas des groupes d’électronique comme Sony qui, eux, avaient l’habitude de s’adresser aux adultes. Sony avait pensé à la musique en balade, mais pas au jeu nomade», rappelle le patron de la société Enterbrain, Hirokazu Hamamura.

Avec la Game Boy, dont le nom est à jamais associé au jeu Tetris (puzzle casse-tête indémodable) ou aux aventures interminables de Pikachu et de sa clique de Pocket Monsters, sont nés et ont prospéré les studios de développement.

La famille de consoles Game Boy (qui comprend aussi les versions «pocket», «lite» et «color») s’est écoulée à quelque 118 millions d’unités. À ce record s’ajoutent 82 millions d’exemplaires de la génération suivante, la série «Game Boy Advance».

« La Game Boy a posé les fondements de ce qu’est le jeu portable aujourd’hui, que ça soit sur consoles ou sur smartphones parce que le concept est le même», résume Serkan Toto, consultant dans l’industrie du jeu vidéo.