BELGIQUE

Logement et accès à la propriété: six extraits "chocs" de notre enquête

Logement et accès à la propriété: six extraits "chocs" de notre enquête

Logement et accès à la propriété: six extraits "chocs" de notre enquête EDA

Faut-il poursuivre dans le système d’aide actuel d’accès à la propriété ou le réorienter vers le locatif. Six extraits interpellants de notre enquête…

+ NOTRE ENQUÊTE | Logement: le système sur le point d’exploser et la réponse du politique (à  télécharger dans notre espace numérique - journal du samedi 19 avril)

La brique dans le ventre des Belges n’est pas une légende. Mais persister à voir la propriété comme un but ultime risque de mener à la catastrophe.

Au lendemain des élections, la Région Wallonne sera en première ligne pour gérer le bonus logement (déductibilité fiscale). Avec, donc, cette question à la clé : faut-il poursuivre dans le système - très poussé - d’aide actuel d’accès à la propriété ou le réorienter vers le locatif. Six extraits interpellants de notre dossier…

Sur le scandale du logement social
(constat de L'Avenir)

« Destinés à augmenter le nombre de logements sociaux, les plans d’ancrage communaux postulent un taux de 10 % dans les Communes. Le retard est énorme.Un chiffre le traduit : 40 000 ménages sont en attente d’un logement social. Ces ménages, qui n’ont fatalement pas la possibilité de devenir propriétaires, doivent dès lors se retourner vers le locatif privé.? Mais en y rencontrant la difficulté d’assumer des loyers plus élevés. »

Sur les propriétaires, les locataires et le marché de l’emploi
(Constat de Xavier Xhignesse, attaché scientifique à l’Université de Liège et Doctorant à l’Institut de Fiscalité de l’Université de Liège)

« Le propriétaire est sédentarisé, surtout avec les frais d’enregistrement et de notaire qui figurent parmi les plus élevés au monde. Or, des études internationales montrent un lien entre logements et marché de l’emploi : plus le taux de locataires est élevé et plus le marché de l’emploi fonctionne bien. C’est simple à comprendre : le locataire est quelqu’un de beaucoup plus mobile. »

Sur le coût du bonus logement sur les Régions
(du même)

« On arrive à un montant de deux milliards d’euros pour la Belgique.Ce montant n’est pas encore en vitesse de croisière et va donc encore augmenter jusqu’en  2025. Si on garde ce système tel qu’il est, j’ai l’intime conviction que ce ne sera pas soutenable pour les finances publiques. »

Sur les origines de la brique dans le ventre des Belges.
(constat de Jean-Marie Halleux, Professeur de géographie et développement territorial à l’Ulg)

« Dès 1830, l’idée, c’était de garder les gens à la campagne pour éviter qu’ils ne rejoignent la ville.Pour caricaturer, les curés voulaient garder les gens sous leur coupe plutôt que de les laisser partir dans les villes, dominées par le socialisme. Et puis d’une manière générale, aider les gens à être propriétaire, c’était les empêcher de faire la révolution… »

Sur les incitants fiscaux en Région Bruxelles Capitale
(constat: Nicoles Bernard, juriste aux facultés Saint-Louis)

« Quand on additionne tout ce que les pouvoirs publics proposent comme incitants fiscaux et autres primes, il est possible de financer…80 % de la valeur d’achat de son habitation. La Région de Bruxelles est obsédée par la crainte de voir les classes moyennes déserter la ville pour sa périphérie. Or, cette classe moyenne est la principale contributrice en recettes fiscales.Donc, on fait tout pour la garder ».

Sur les incitants fiscaux et la surévaluation immobilière
(constat: Roland Gillet, professeur de finance à la Sorbonne et à l’ULB)

« Les aides fiscales "biaisent" la relation achat/location et expliquent pour partie la surévaluation de l’immobilier. Or, un marché locatif est plus souple en temps de crise : il est plus facile de se trouver un logement plus petit et moins cher quand ça ne va pas que de vendre sa maison avec une moins-value quand on ne sait plus la payer. »