Naissance : les pères aussi peuvent avoir le blues

Le baby blues n'est pas le seul apanage des femmes. La revue américaine Pediatrics s'est intéressée aux symptômes dépressifs des hommes qui viennent d'être pères, en soulignant leur jeune âge.

5 à 10% d'entre eux souffrent d'accès de mélancolie, de tristesse ou d'anxiété. Ces symptômes guettent en particulier les jeunes pères, selon cette récente étude parue dans la revue américaine Pediatrics.

La dépression chez les hommes n'est pas inédite. Ce qui l'est, en revanche, c'est plutôt la corrélation entre le jeune âge de ces papas et la survenue des symptômes dépressifs durant les premières années de l'enfant, soulignent Craig F Garfield, professeur associé en pédiatrie et sciences médicales et sociales à l'école de médecine Feinberg de la Northwestern University et son équipe.

Les chercheurs ont analysé les données relatives à 10.623 volontaires de sexe masculin, participant à l'étude longitudinale nationale sur la santé des adolescents et ont suivi ces jeunes hommes durant 20 ans. Près de 33% d'entre eux étaient de jeunes pères âgés de 24 à 32 ans. La majorité vivait sous le même toit que leur enfant. Les scientifiques ont ensuite analysé les réponses issues d'un questionnaire auquel les volontaires devaient répondre et évaluant ainsi leurs symptômes dépressifs.

Ils ont pu en conclure que les hommes devenus pères à l'âge de 25 ans et qui vivaient au même domicile que leur progéniture avaient un risque accru de 68% de développer des signes avant-coureurs d'une dépression durant les cinq premières années de vie de leur enfant. Au contraire, ceux qui ne vivaient pas au même endroit que leur bébé n'expérimentaient pas de tels symptômes.

Craig F Garfield souligne aussi que "la dépression parentale a un effet néfaste, surtout dans les premières années clés de l'attachement parent-nourrisson". Le chercheur avait déjà, en 2011, publié une autre étude dans cette même revue démontrant que les pères dépressifs avaient plus tendance à recourir aux punitions corporelles et fessées.

"Nous savions que la dépression des pères existe et connaissions les effets préjudiciables qu'elle a sur les enfants, en revanche, nous ne savions pas où mobiliser notre énergie et notre attention jusqu'à cette étude". Aider et accompagner au mieux ces jeunes pères en pleine transition est une priorité, soulignent-ils.