SOCIETE

Logement: le système sur le point d’exploser

Logement: le système sur le point d’exploser

(Illustration) Reporters

La brique dans le ventre des Belges n’est pas une légende. Mais persister à voir la propriété comme un but ultime risque de mener à la catastrophe.

Être propriétaire de sa maison figure parmi les rêves les plus enracinés de notre culture. Et spécialement en Belgique. Depuis des décennies, ce rêve catalyse des aspirations de liberté et de sécurité.

+ OPINION | Péril en la demeure

Pourquoi donc questionner aujourd’hui ce qui a toutes les apparences d’une vérité absolue?

D’abord parce que l’environnement social se transforme profondément. De linéaire et stable, la trajectoire des ménages est devenue beaucoup plus aléatoire et variée. Ménages éclatés, recomposés, mobilité professionnelle, pauvreté… A un point tel que le dogmatisme de la propriété s’en trouve écorné. La façade des certitudes liées à l’acquisition comme planche de salut se lézarde.

Cette perception est-elle partagée par le monde politique?

De prime abord, la réponse est négative. Les aides encourageant l’achat d’une maison n’ont cessé d’amplifier. Avec en corollaire un poids toujours plus élevé pour la collectivité en faveur des candidats acquéreurs. Un peu, comme si le monde politique refusait de quitter le paradigme d’un droit au logement dont la seule réponse est l’accès à la propriété.

En fermant les yeux sur les mutations importantes de notre société et sans doute en craignant le retour de balancier électoral d’une remise en question fatalement impopulaire de ces aides.

Rebattre les cartes?

La réforme de l’État place pourtant le monde politique face à un enjeu important et jusqu’à présent peu présent dans la campagne électorale: la déductibilité fiscale des emprunts hypothécaires sera désormais administrée par les Régions. Lesquelles devront placer le curseur de ce qu’elles pourront supporter comme manque à gagner dans leurs recettes fiscales pour assumer cette déductibilité.

Ce bonus-logement (cette fameuse déductibilité) atteint aujourd’hui deux milliards d’euros. Sauf changement de cap, ce montant continuera sa croissance exponentielle. Une occasion de rebattre les cartes?

C’est l’objet du dossier publié ce samedi dans L'Avenir, et téléchargeable depuis notre espace numérique.