En direct, oui, mais rien à voir avecun match de foot

En direct, oui, mais rien à voir avecun match de foot

L’équipe de la RTBF est composée d’une trentaine de personnes. Par an, elle produit 9 retransmissions de messe en direct. Les autres rendez-vous sont assurés par d’autres chaînes publiques européennes, avec qui elle collabore. EdA

Dimanche, la messe de Pâques télévisée sera diffusée depuis Bellinzona, en Suisse. Du direct, pour une production assez coûteuse. Mais attention, rien à voir avec le foot. Entre match et messe, la technique est… sacrément différente.

En ce week-end de Pâques, les églises seront certainement un peu plus animées qu’à l’habitude. Les grandes fêtes religieuses permettent aux croyants peu pratiquants de retourner à la messe. Pour la RTBF, la diffusion des cultes religieux fait partie de ses missions de service public. Les chiffres d’audience varient entre 10 000 et 20 000, ce qui n’est pas exceptionnel au vu des moyens mis en œuvre.

Au niveau européen, plusieurs chaînes publiques se sont associées pour partager les messes télévisées. «Cela coûte très cher de produire une messe, confirme Philippe Lenoir, coordinateur aux émissions services de la RTBF. Pour une messe produite, on en reçoit 6. » L’année est partagée entre 7 grands événements eurodiffusés. Ce dimanche, la messe pascale sera diffusée depuis Bellinzona (Suisse italienne).

Du côté des messes dominicales, la RTBF débarque neuf fois par an dans les collégiales, cathédrales et même chapelles du pays. «Sur les 26 messes dominicales que nous diffusons, nous en produisons 9. Le reste vient de France 2. »

Derrière les caméras et en régie, c’est une équipe d’environ 30 personnes qui participe à la retransmission. Un boulot assez spécifique qui nécessite de maîtriser les coutumes de la célébration filmée. Car la RTBF ne diffuse pas que des messes chrétiennes. «Notre cahier des charges prévoit un certain nombre de cultes comme le protestantisme, l’israélite, l’orthodoxe ou la fête laïque. »

«Il faut rester discret»

Lors des retransmissions, le personnel doit s’adapter. «Au niveau de l’équipe, il y a tout un vocabulaire à connaître. Lorsque le réalisateur demande au cadreur d’aller vers l’autel, il faut le savoir. Comme on ne se comporte pas de la même manière dans une synagogue que dans une église. »

Filmer un office, ce n’est pas un match de foot. Chaque mouvement ou attitude doit être appréhendé correctement par le cadreur.

«Il y a des mouvements particuliers où il faut bien suivre les gestes. Il faut rester discret… La communion, c’est quelque chose de difficile à filmer: les gens sont en mouvement et ils mangent, ce qui n’est pas beau.»

La présence de l’équipe est assez imposante dans un lieu de culte. Mais, généralement, l’intégration ne pose pas de problème. «En 10 ans, cela m’est arrivé une fois, sur une messe et sur une fête laïque, que le courant ne passe pas bien. C’est donc très exceptionnel. »

La mixité est aussi présente au sein de l’équipe de la RTBF. «Pour faire partie de l’équipe, ce n’est pas une question de convictions personnelles, c’est le fait de se retrouver ensemble. J’ai eu un preneur de son qui était protestant, un caméraman juif. Je n’ai jamais eu de problème pour trouver des gens pour travailler le dimanche, à Noël, à la Toussaint. »

«Des endroits intéressants »

On pourrait avoir le sentiment que les églises sont désertées, mais pas forcément à l’écran. «On essaye de ne pas repasser deux fois au même endroit. Mais il y a des endroits particulièrement intéressants comme les fraternités de Tibériade ou la collégiale de Nivelles qui est particulièrement belle. »

Le 4 mai, c’est depuis le petit village de Sart-Eustache (Fosses-la-Ville) que la messe sera retransmise en direct. «C’est une chapelle d’environ 80 places. »

Si certains paroissiens seront amusés par la présence de la caméra, d’autres la fuiront.

«Ce n’est pas le fait qu’il y ait moins de monde qui m’interpelle. Mais plus que c’est un public âgé. Si on veut des jeunes dans l’assemblée, il faut alors cibler des églises couplées à une école. »

Le type de téléspectateurs est aussi plus âgé, ou dans l’incapacité de se déplacer. «Dans les prisons, par exemple. Et quel que soit le culte. »

Messe de Pâques en direct de Bellinzona, dimanche à 11hsur La Trois