C’est un milieu particulier et fermé. Où le talent croise l’argent. Où l’inspiration pure se télescope à la spéculation. Intermédiaires entre les artistes et la jet-set, les marchands d’art ont toujours été des personnages énigmatiques partagés entre l’idéal et le gain, la beauté et le lucre.

Dans son «Chercheurs d’art », Yann Kerlau nous raconte l’itinéraire de plusieurs de ces personnalités hors du commun. De Théodore Duret (Manet et les impressionnistes) à Larry Gagossian (Basquiat, Koons) en passant par Daniel Kahnweiler (Picasso, Braque), l’écrivain (mais aussi ancien, directeur général de Gucci) dépeint avec détails ces parcours hors du commun qui s’inscrivent à la fois dans l’Histoire et l’air du temps.

Succès et revers de fortune s’enchaînent comme les récits de trahisons et les témoignages de fidélité. Ce monde-là, est le théâtre de tous les paroxysmes. Le scandale de la galerie new-yorkaise Knoedler qui ouvre le livre en est le témoignage. Fondée en 1946, cette galerie fermera ses portes en 2011 suite à un scandale où se mêlent suspicions de faux tableaux, petits arrangements entre amis et procès retentissants. Ce livre se lit comme un roman, on se plaît à suivre l’itinéraire de ces débusqueurs de talents, de ces businessmen de l’art, de ces visionnaires singuliers de la fin du XIXe siècle au début du XXIe . Th.D.-F.

Yann Kerlau, «Chercheurs d’Art», Flammarion, 300 p.