Hugo Broos : « Même Guy Thijs n’y croyait plus avant la Russie »

Hugo Broos : « Même Guy Thijs n’y croyait plus avant la Russie »

Alors âgé de 32 ans en 1986, Hugo Broos allait vivre sa première et d’ailleurs unique Coupe du monde au Mexique. Mais laquelle!

«En prenant la direction du Mexique, je ne me doutais pas un seul instant que les six semaines passées là-bas allaient constituer, à tout jamais, le moment le plus fort de ma carrière. Chaque Diable de l’époque vous dira la même chose. Même mes sacres en Coupe d’Europe (1976, 1978, 1983) avec Anderlecht ne m’ont pas procuré autant de frissons.»

Et pourtant… «Au début, les disputes et les mécontents dans le groupe étaient nombreux. L’ambiance était vraiment exécrable. Les seuls gars soudés étaient les Brugeois et les Anderlechtois malgré le fameux test-match pour le titre que les Mauves venaient de remporter quelques jours plus tôt. Outre le retour au pays d’Erwin Vandenbergh pour blessure, il y avait surtout eu celui de René Vandereycken. Lors d’une réunion avec tout le noyau et le staff technique, René avait reproché à certains joueurs, Scifo et Vercauteren notamment, de ne pas travailler suffisamment défensivement. Il avait exigé de Guy Thijs des modifications tactiques.» Mais le coach belge ne s’était pas laissé faire: Vandereycken était prié de faire ses valises pour rentrer en Belgique…

Le match face à la Russie, en huitièmes de finale, allait constituer le tournant de l’aventure mexicaine. «On a pourtant commencé cette rencontre sans motivation, persuadés que c’était la dernière contre l’une des équipes les plus fortes du monde à l’époque. Même Guy Thijs n’y croyait plus. C’est la raison pour laquelle, soucieux de préparer l’avenir, il aligna une toute nouvelle génération pour lui donner de l’expérience. C’est ainsi que Grün, Vervoort ou encore Demol créèrent l’exploit.»

Le 15 juin 1986, la Belgique sortait la Russie au bout des prolongations (3-4).

Extrait du livre «Diables d’hommes» (Edition Mardaga)