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Double attentat dans une gare routière au Nigeria: "des dizaines" de morts

Double attentat dans une gare routière au Nigeria: "des dizaines" de morts

Selon les secours, l’explosion a causé la mort de «dizaines de personnes». AFP

Un double attentat s'est produit lundi matin à l'heure de pointe dans une gare routière en périphérie de la capitale du Nigeria, Abuja, faisant 71 morts et 124 blessés, ont déclaré des responsables des secours.

71 personnes ont été tuées et 124 blessées à la suite de l'explosion de bombes à la gare routière de Nyanya.

La gare routière de Nyanya se situe à quelque 5 km au sud de la capitale fédérale et était utilisée par de nombreux passagers se rendant au travail lorsque les explosions se sont produites à 06H45 du matin (05H45 GMT).

Les islamistes de Boko Haram n'ont pas revendiqué l'attentat mais les soupçons se portent sur le groupe. Abuja a déjà été la cible d'attaques des extrémistes qui réclament la création d'un Etat islamique dans le nord à majorité musulmane du pays le plus peuple d'Afrique.

"Nous avons pu transporter certains des morts à la morgue et des blessés ont été emmenés à l'hôpital", a déclaré Charles Otegbade, chef des secours à l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA).

Les explosions dont l'une provoquée par un véhicule à l'intérieur de la gare ont détruit une trentaine d'autres véhicules, des autobus pour la plupart, ont déclaré des responsables.

Un journaliste de l'AFP sur place a constaté les traces d'une violente déflagration qui a laissé un trou de 1,2 m de profondeur dans le sol et projeté des effets personnels et des lambeaux de chair.

Des échoppes ont été détruites ou endommagées et un épais nuage de fumée noire s'élevait de la gare.

Selon Ezekiel, des témoins ont fait état de deux déflagrations distinctes au moment des explosions, alors qu'"il y avait tant de monde à cet endroit à ce moment-là.

Boko Haram a déjà mené plusieurs attentats à la bombe à Abuja par le passé.
L'attaque la plus spectaculaire du groupe islamiste dans la capitale fédérale fut un attentat suicide à la voiture piègée contre le siège des Nations unies, qui avait fait 26 morts.

L'année précédente, Abuja avait déjà été la cible d'un double attentat, le 1er octobre 2010, mais qui avait été attribué à un autre groupe armé sans rapport avec Boko Haram.

Lors de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance, deux voitures piégées avaient fait douze morts et plus de trente blessés non loin du lieu de la cérémonie officielle.

Le double attentat avait été attribué au Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend), un groupe armé qui a perturbé pendant des années l'industrie pétrolière dans le sud du Nigeria.

Le président Jonathan attendu sur place

Les violences attribuées à Boko Haram ont déjà fait plus de 1.500 morts depuis le début de l'année, selon Amnesty International, et plusieurs milliers de victimes depuis 2009.

Mais la plupart des attaques récentes sont concentrées dans le nord-est du Nigeria, son fief historique, où l'armée poursuit depuis près d'un an une vaste offensive contre les islamistes.

Le président nigérian Goodluck Jonathan était attendu à la gare de Nyanya, lundi. A un an des prochaines élections générales, il est très critiqué pour son impuissance face à Boko Haram.

Cette nouvelle attaque près d'Abuja jette un nouveau doute sur les affirmations de l'armée selon lesquelles Boko Haram est affaibli et n'est plus capable de frapper des cibles importantes.

Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, a déclaré récemment dans une vidéo que le groupe avait l'intention de mener des attaques en dehors du Nord-Est.
Premier producteur de pétrole du continent, le Nigeria est divisé entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à dominante chrétienne.