En campagne

Belga

Maître atout du PS pour les prochaines élections, Elio Di Rupo veut conserver le plus longtemps possible sa stature de Premier ministre, sauveur du «modèle belge».

Pour mener campagne, sans avoir l’air d’y toucher.

Il fallait voir, comme il avait l’air modeste, ce dimanche: Elio Di Rupo n’avait pas un mot plus haut que l’autre, pour répondre aux confrères français qui l’interrogeaient sur TV5 Monde. Pour tenter, une nouvelle fois, de comprendre cette si proche Belgique, qu’ils connaissent manifestement aussi peu. «Comment peut-on être Belge?» semble-t-on souvent se demander, à la mode de Montesquieu: obnubilés par le modèle allemand, nos voisins oublient souvent que les problèmes auxquels ils doivent faire face sont ceux auxquels, souvent, nous avons apporté solution par la concertation.

C’est dire si, sous son air patelin, Elio Di Rupo buvait du petit-lait. Pour vanter le «modèle belge», qui a permis à notre pays de «mieux s’en sortir» que «la plupart des pays européens». Ou pour «s’étonner» qu’en France, «pays de liberté», des sujets de société n’aient pas permis, comme chez nous, d’offrir «un surcroît de liberté».

Le Premier ministre s’est même laissé emporter par son élan, en citant l’avortement parmi ces avancées sociétales: la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse a été plus tardive, chez nous, que chez nos voisins français.

Mais qu’importe: comme, il y a quelques jours, sur «Canal Plus», la démonstration d’Elio Di Rupo visait le public belge. D’où son insistance sur de mesures «très socialistes», comme la sauvegarde de la liaison des salaires à l’index: un rappel à l’intention de celles et ceux que pourrait séduire la tentation PTB.

Et puis son appui marqué aux partis flamands «raisonnables»: l’objectif du PS est de renvoyer la N-VA dans l’opposition pour cinq ans.

Dans son costume de Premier ministre, c’est bien la figure de proue du PS pour les prochaines élections, qui s’est exprimée sur la chaîne francophone internationale. Son seul souci, c’est qu’il y avait sans doute très peu d’électeurs flamands, parmi ses téléspectateurs…