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L’humour méchamment belge de Walter

L’humour méchamment belge de Walter

Entre ses représentations à Paris et ses chroniques à France Inter, Walter jouera trois soirs devant ses compatriotes.

C’est diablement cynique, mais méchamment drôle. Walter viendra trois soirs jouer son one-man-show Belge et méchant.

On ne vous voit pas beaucoup en Belgique…

Je joue énormément à Paris et je n’ai pas eu aussi souvent l’occasion que je voulais de venir en Belgique. Je suis content de revenir chez moi.

C’est toujours obligé de passer par Paris pour être crédible?

Il y a une tradition d’aller au théâtre à Paris, il y a beaucoup de monde, beaucoup de touristes. Et puis l’industrie du théâtre, de l’humour et des médias sont là, alors il y a pas mal d’opportunités. C’est tout ce qui m’intéresse puisque je n’ai aucune ambition artistique, je ne fais ça que pour le pognon.

C’est pour ça que vous jouez le même spectacle depuis 2010?

Le spectacle a beaucoup changé. De 2010, il doit rester même pas 10%. Je fais des chroniques en radio, ça me donne beaucoup d’idées pour ajouter de nouvelles choses. Il porte le même nom, mais il change continuellement.

Pour vos chroniques (sur France Inter), justement, vous avez présenté pas mal d’invités. Ca vous arrive de sécher sur quelqu’un?

Il y a des personnalités qui m’inspirent moins que d’autres… Au 13e chanteur de variétés, on se demande ce qu’on va raconter de nouveau. Là dans la matinale de France Inter, ce sont souvent des politiques et c’est la langue de bois totale. Mais il y a toujours un petit truc à trouver, un élément dans la biographie. Comme Marine Le Pen, qui ne reste pas pour écouter les chroniqueurs. C’est dommage. Je crois qu’elle a peur de se faire mordre, pourtant je l’ai défendue en disant que c’était vachement bien le Front national par rapport à avant. Nicolas Bedos aussi je l’ai défendu en faisant une chronique sur les fils de. On dit «c’est facile, t’es le fils de », alors qu’on ne reprocherait jamais ça à un fils de boucher ou de boulanger.

Et vous arrivez à concilier le spectacle le soir et la matinale à la radio?

En fait c’est tout à fait horrible. Quand le réveil sonne, j’ai envie de mourir. Mais une fois que je suis en studio, je suis content d’être là. Faut gérer son sommeil. Mais n’écrivez pas ça, il faut que les gens continuent de croire que les artistes ne foutent rien.

À quoi vous sert votre diplôme d’ingénieur commercial?

À bien négocier mes contrats et à être mieux payé que les autres humoristes. Je pense aussi à faire un sketch sur la politique monétaire, mais je n’ai pas encore vraiment d’éclats de rire.

Est-ce que porter un costume ça permet de dire plus facilement des méchancetés?

Tout à fait. Ca permet de détourner l’attention. Les grands-mères pensent que je suis le gendre idéal. Beaucoup d’humoristes portent un costume.

Mais à vous, il vous va mieux.

Je suis le seul à avoir un beau costume, les autres claquent leur cachet dans la drogue. Moi j’ai fait un investissement, comme dans la chanson d’Aznavour. J’espère que je serai encore là dans 30 ans.

Est-ce que sur scène c’est vous, ou une sorte de personnage?

C’est une version améliorée de moi. Les hommes m’envient, les femmes tombent toutes amoureuses de moi. Quand je me vois sur scène, je me dis, je voudrais être ce type-là.

On a bien compris: vous faites ce métier pour l’argent et les femmes…

Et tous les avantages du show-business: le champagne et la drogue en grandes quantités. On fait des fêtes immenses dans les loges. C’est important de le dire: que le public sache où va son argent.

«Belge et méchant », le 16 avril à ma maison de la culture à Namur, le 17 avril au théâtre universitaire royal de Liège, le 18 avril au théâtre 140 à Bruxelles. www.kingsofcomedy.be