Ni Cancellara, ni Boonen n’ont battu de records ce dernier dimanche. Le premier, qui avait décidé de bouder la conférence de presse en tant que troisième classé, ce qui lui a valu une amende de 1000 FS, estimait avoir fait le maximum.

Mais il a surtout payé son isolement au sein d’une formation qui avait dû composer avec le forfait de Stijn Devolder. «C’est ainsi, ajoutait Spartacus, je n’ai pas à chercher des excuses. Et puis, je préfère retenir le fait que cela fait la 12e fois que je monte sur le podium d’un monument du cyclisme. Mais c’était vraiment difficile. À cause du vent, qui était parfois de face, Et un changement de vélo m’a aussi coûté de l’énergie. Les adversaires étaient forts aussi, comme je l’avais dit. J’ai pensé sortir dans le final mais c’était contre le vent et je savais être surveillé de près. J’ai préféré me réserver pour le sprint.»

Ce sprint, pour la deuxième place, a été remporté par John Degenkolb. L’Allemand a au moins appris une chose: « Je sais que je peux aussi gagner un jour Paris-Roubaix, estimait-il. Mais, ce dimanche, je ne pouvais pas espérer mieux, avec ce problème mécanique et cette énergie utilisée, en même temps que celle de mes équipiers, pour revenir. Je suis très fier de cet accessit. Quant à essayer de suivre Terpstra quand il a attaqué, c’était un pari osé. N’allait-il pas craquer? Et puis, celui qui prenait le risque de contre-attaquer était assuré de perdre, face à trois Quick Step qui ont manœuvré comme ils le devaient.»

Boonen: «j’ai tout fait pour gagner»

Et Boonen dans tout cela? Il se montrait ravi de la victoire de Niki Terpstra, placé sur le même pied que lui au sein de sa formation. «Je suis heureux pour lui, disait-il, mais il faut aussi reconnaître que j’étais dans un très bon jour. Quand je suis passé à l’attaque, notamment avec Hushovd, j’ai un peu prêché dans le désert.» C’est que tout le monde se méfiait de lui. Et puis, ce furent ensuite des pépins mécaniques qui le handicapèrent. «À trente km de l’arrivée, mon dérailleur a refusé tout service, regrettait-il. Et puis mon porte-bidon s’est aussi brisé. Cela devenait compliqué pour moi. D’ailleurs, sans plus pouvoir changer de vitesse, je n’ai même pas pu disputer le sprint pour la deuxième place. C’est dommage d’avoir fourni autant d’efforts pour ne rien récolter en ce qui me concerne.»D.M.