Photographes : les pionniers attendent

Stéphane Gueulette et son associé ont été des pionniers, comme quelques autres sociétés, dans le domaine de la photographie et des films réalisés grâce à un drone.

«C’était il y a plus de deux ans. Nous avons travaillé avec nos drones sur de gros événements. Franchement, ça se passait super bien, sans anicroche. Cela arrivait fréquemment que des policiers viennent à nos côtés pour voir comment cela fonctionnait. On a rencontré une seule fois un problème, en Flandre, où quelqu’un est venu réclamer.»

Puis, les choses se sont gâtées. «Quand on a vu que cela coinçait et que la législation ne nous permettait pas l’utilisation d’un tel matériel, on a arrêté. Nous attendons une législation claire pour savoir ce qu’on peut faire ou pas. Nous connaissons des collègues qui se sont fait confisquer leur appareil. Mais au-delà de ça, c’est aussi une question d’assurance.»

Explication: « Quand on a vu qu’il y avait un problème, nous avons contacté la DGTA (Direction générale du transport aérien) pour obtenir un plan de vol. Mais là, on nous a dit que ce n’était pas possible en l’état actuel de la législation. Or, sans plan de vol, pas d’assurance. Nous, dans notre métier, pas question de commencer à travailler sans assurance.» Donc les deux compères ont remisé leurs six (!) drones, en attendant des jours meilleurs. «Nous les avons construits, en kit, nous-même et adaptés à nos besoins.»

Le temps des pionniers est bel et bien révolu: maintenant, le nombre de propriétaires de drone a décuplé. Le problème comme souvent dans ces cas-là c’est que la compétence des utilisateurs est très variable et que les accidents sont devenus plus nombreux et par conséquent, les contrôles aussi.

«Les drones sont relativement accessibles au niveau prix mais il ne faut pas perdre de vue non plus que pour certains modèles, on peut les faire voler à plus d’un kilomètre.» Et là, pas sûr qu’ils sont toujours à portée d’œil ou à l’abri d’une panne de batterie. D’où les risques de chutes!