Politique

Slogan: le «bon sens» hérisse MR et Wathelet

Slogan: le «bon sens» hérisse MR et Wathelet

Charles Michel voulait, avec son slogan, éviter toute polémique: c’est mal parti! Belga

En menant campagne sur le «bon sens», le MR voulait éviter les «polémiques stériles». Mais son slogan… fait polémique.

«C’est l’heure du bon sens»: en choisissant ce slogan, le MR entendait placer la campagne pour les élections du 25 mai «sur le terrain des propositions et non dans des polémiques stériles pour répondre aux attentes de citoyens».

Mais il y a des ratés au départ: «le bon sens, c’est de ne pas d’abord utiliser le slogan d’en face», persifle Melchior Wathelet: photos à l’appui, le secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Énergie et à la Mobilité, en charge aussi de la Réforme de l’État, affirme mener campagne sur ce thème depuis deux mois et demi en province de Liège, où il est tête de liste pour la Chambre. Et la polémique de s’enflammer. Stérile.

À court d’idée?

«C’est amusant de voir que le MR trouve son inspiration chez moi. S’il veut le diffuser, mon logo est également disponible!» ironise Melchior Wathelet, en se demandant si «après son fiasco fiscal, le MR est réellement à court d’idées».

Le «slogan du cdH, c’est “ Vivre mieux ”: nous ne pouvions pas savoir que Melchior Wathelet utilisait un slogan personnel», réplique Frédéric Cauderlier, porte-parole de Charles Michel, le président du MR.

«Pas au courant? S’ils vivent sur une île déserte, peut-être»: la relance d’Isabel Casteleyn est trempée d’acide.

«Soyons sérieux: ce n’est pas la première fois que des hommes politiques ont leur slogan propre. Et on regarde toujours ce qui se passe dans les autres partis. Cela fait deux mois et demi que le bon sens est affiché sur la page Facebook de Melchior Wathelet», poursuit son attachée de presse. «Je suis étonnée que Frédéric Cauderlier, avec lequel nous avons des échanges réguliers sur Twitter ne s’en soit pas aperçu».

Dette cachée et bulle photovoltaïque

Piqué au vif, le porte-parole de Charles Michel?

«Le bon sens dont parle Melchior Wathelet, c’est celui du cdH avec sa dette cachée en Wallonie? Ou qui fait éclater la bulle du photovoltaïque? Ou qui, encore, réécrit à trois reprises le décret Inscriptions ?», reprend Frédéric Cauderlier.

Avant de lancer, in cauda venenum, que «plutôt que de s’inquiéter de la paternité du slogan sur le bon sens, le secrétaire d’état à la Mobilité doit avoir des dossiers plus urgents à traiter, celui des trajectoires aériennes autour de Bruxelles, par exemple?» (où... le MR est le secrétaire d’État sont sur la même longueur d’ondes, cf. p. 6)

Difficile, après cela, d’en revenir à la communication «officielle» du MR sur son slogan de campagne: «la voie la plus efficace pour trouver des solutions concrètes et immédiates loin de toute spéculation politicienne», comme l’indiquait le parti libéral en le dévoilant!

En proclamant que «C’est l’heure du bon sens», le MR dit vouloir faire la part des choses entre «l’essentiel» comme trouver un emploi ou augmenter le pouvoir d’achat et «l’accessoire». Il épingle ainsi notamment l’utilité du nouveau… logo wallon. Le chef de groupe MR au Parlement wallon, Willy Borsus, avait vivement critiqué le coût et l’utilité de ce nouveau logo.

Le ministre-président wallon Rudy Demotte avait justifié la campagne par la nécessité d’assurer un redéploiement de l’image internationale de la Wallonie et de créer une image «qui s’éloigne d’un passé périmé».

Ni dogmatique, ni idéologique!

«Les réponses (aux citoyens) ne doivent pas être dogmatiques, idéologiques ou technocratiques mais ( … ) doivent surtout être empreintes de bon sens», lance le MR en campagne.

Le Mouvement Réformateur dit vouloir se battre «pour que la Belgique ne soit plus le pays d’Europe qui taxe le plus ses salariés». Il veut «laisser aux parents le libre choix de l’école de leurs enfants». Et les libéraux entendent encore «rationaliser les intercommunales et réduire le nombre d’administrateurs en leur sein». Des propositions qui relèvent tout de même… d’une certaine idéologie?