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Jardinier de l’amour et roi des veillées

Jardinier de l’amour et roi des veillées

Salvatore Adamo et Hugues Aufray ont enchaîné les succès. On les retrouvera aussi ce soir. RUSSEIL Christophe / FTV 2014

Salvatore Adamo et Hugues Aufray. Deux personnalités que tout semble opposer. Mireille Dumas les réunit pour parler de leurs vies.

D’un côté, il y a Adamo, 70 ans depuis le 1er novembre dernier, plus de 100 millions de disques vendus, «jardinier de l’amour» comme l’appelait Jacques Brel. De l’autre, on retrouve Hugues Aufray, 85 ans en août prochain, star des veillées scouts autour du feu, premier à avoir adapté les chansons de Bob Dylan en France. Deux êtres que tout semble opposer, puisque l’un a toujours eu le look du gendre idéal tandis que l’autre a rarement abandonné son jean, son foulard et ses santiags.

Mireille Dumas a eu l’idée de les réunir dans un film où ils livrent avec beaucoup de sincérité et d’émotion des confidences inattendues sur leur vie et leur carrière, riches en moments inoubliables, marquées aussi de drames.

Salvatore Adamo, Sicilien de naissance, Belge d’adoption, a connu la misère dans les corons à Jemappes (Hainaut). À 22 ans, en plein succès, il devient sans y être préparé responsable de ses six frères et sœurs quand son père meurt brutalement. «Il a pu vivre trois ans de ma carrière: mes débuts et le succès qui s’installait, déclarait-il à Serge Vanhaelewyn voici quelques années. Mon père s’occupait de moi, il faisait tout. J’avais tellement été habitué à vivre selon ses directives que, quand il est parti, je me suis retrouvé complètement désemparé. […] Mon père nous a laissé un vide immense après sa disparition.»

Hugues Aufray, lui, a été élevé dans les beaux quartiers de Paris, avec nounou et domestiques. Mais son enfance n’en fut pas pour autant toute rose, et sa jeunesse fut bouleversée par le suicide de l’un de ses frères.

«Il a sacrifié sa vie. Mon frère adorait lire et il disait qu’il était Madame Bovary, explique-t-il dans un entretien avec le journaliste français Christophe Daniel. Dans la chanson Céline c’est de lui que je parle, les chansons ont souvent des inspirations biographiques mais pas au mot à mot. Vline Buggy, qui est l’auteur de la chanson, avait pensé à sa sœur qui était disparue très jeune aussi. Quand mon frère a disparu, je suis allé toutes les semaines déposer des fleurs sur sa tombe. Ce n’est pas rien pour un enfant de voir son nom sur une tombe. Cet événement a provoqué un effet assez particulier chez moi, je suis devenu chanteur comme lui, mais dans un autre style.»

Mireille Dumas laisse place aux confidences, mais la soirée sera également parsemée de nombreuses chansons.

France 3, 20.45