Arnaud Ducret se rend indispensable

Arnaud Ducret se rend indispensable

Les rôles de «beau gosse», Arnaud Ducret n’en veut pas. Il aime casser l’image et sa panopliede grimaces l’y aide bien. Pascalito

Il sait tout faire: chanter, danser, imiter et jouer la comédie. Arnaud Ducret passe de l’unà l’autre avec une époustouflante énergie.

«Dans ce métier, il faut te rendre indispensable.» Cette phrase, tombée dans l’oreille d’un gamin enthousiaste et bourré de ressources, est devenue aujourd’hui le fil rouge d’Arnaud Ducret. Alors, on le voit partout…

À la télé dans Vendredi tout est permis avec Arthur (TF1) et chaque soir dans le programme court Parents mode d’emploi (France 2) où il donne la réplique caustique à Alix Poisson. Au cinéma, on ne l’a pas loupé en professeur de gym aux méthodes musclées dans le film de Pef, Les profs (dont la suite est d’ailleurs en chantier).

«Je suis un grand gamin»

Les plus perspicaces reconnaîtront aussi sa voix dans le film d’animation Lego: la grande aventure. «Warner m’a appelé pour faire la voix du personnage principal, Emmet. Tal fait la voix féminine. C’est une grande aventure pour moi aussi, ça fait partie de mes rêves d’enfant, parce que je suis un grand gamin. C’est comme ça que je conçois aussi le métier d’acteur.»

La comédie, c’est également sur scène qu’il aime la jouer. En chantant et en dansant, comme dans la comédie musicale des Monty Python Spamalot qu’il joue à Paris. Ou encore en incarnant des personnages improbables aux mimiques surréalistes dans son dernier spectacle qu’il amène avec lui en Belgique, J’me rends.

«C’est plein de personnages et je le revendique: je ne fais pas de stand-up! Je ne parle pas de politique, pas d’actu, j’emmène juste les gens dans mes histoires, dans des situations totalement absurdes que je pousse au maximum.» Dans un rythme fou, l’humoriste enchaîne cours de karaté, de danse, beat box, imitations… Une jolie prouesse physique qui entraîne le spectateur à du 100 à l’heure. On a chaud pour lui! «Je fais beaucoup de sport: de la boxe, j’ai un cours de dynamique avec un coach. Et comme je ne fais jamais les choses à moitié quand je suis sur scène, même si je suis un peu blessé, je vais à fond.»

Une passion quasi innée

Tout gamin, Arnaud Ducret imitait ses profs et faisait rire la galerie en se déguisant et en transformant sa voix. «On me parle souvent de mon côté beau gosse, mais ça ne m’intéresse pas de jouer ce genre de rôle. Moi, ce que j’aime, c’est m’enlaidir, casser l’image.»

Avant d’apprendre le théâtre au cours Florent à Paris, le gamin de Rouen a commencé par la comédie musicale à l’âge de 13 ans, puis il a intégré un groupe de gospel. «J’étais un cancre à l’école et je suis entré dans la troupe de ma sœur à 12 ans. Je faisais un serveur qui distribuait des micros aux comédiens. Puis j’ai chanté, et ensuite dansé.»

23 ans de carrière

Mais ce passionné de scène savait que l’humour continuerait à faire partie de sa vie. À 18 ans, avec la bénédiction d’une maman compréhensive et admirative, il plaque l’école, quitte sa ville et «monte» à Paris. À 35 ans aujourd’hui, Ducret pose un regard amusé sur une carrière déjà bien longue (23 ans quand même!). «Mais je commence à décoller depuis seulement un an et demi, même si je fais de la scène depuis l’âge de 12 ans.»

Un succès qu’il doit aussi à des rencontres importantes, comme celle de Bruno Solo avec qui il a tourné 400 sketches pour Caméra Café 2. «Arthur est une rencontre décisive aussi. Dans Vendredi tout est permis, je peux tout faire: danse, chant, mime, impro… Là je m’éclate totalement! Depuis, je remplis mes salles, c’est une vitrine incroyable pour mon spectacle.» Et un bel échantillon de ce qu’Arnaud Ducret offre sur scène, où l’expression «mouiller sa chemise» prend tout son sens…