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Le triomphe Borremans à Bruxelles

Le triomphe Borremans à Bruxelles

Le public belge découvre l’œuvre du Gantois Michaël Borremans. Un véritable succès de foule. À découvrir jusqu’au 3 août.

Le Gantois Michaël Borremans connaît actuellement un véritable triomphe à Bruxelles. Bozar s’adapte et les Belges découvrentun tout grand artiste.

Des files dignes d’un grand parc d’attractions, un succès sans précédent – près de 50 000 visiteurs après un mois d’ouverture – la première rétrospective Michaël Borremans cartonne à Bruxelles! Un succès auquel Bozar s’adapte tant bien que mal: personnel d’accueil augmenté, caisses supplémentaires le week-end. On envisage même un aménagement des plages horaires…

Pourtant, on peut affirmer qu’une partie des Belges découvre bel et bien Michaël Borremans. Surtout au sud du pays. Né en 1963 à Grammont, habitant et travaillant à Gand, Michaël Borremans est graveur et photographe avant d’être peintre. Jusqu’à ses trente ans, il travaille d’ailleurs comme professeur de gravure et de photographie.

C’est dans les années 90 qu’il commence à peindre et il a 37 ans lorsqu’il présente, en 2000, sa première exposition importante, à Gand. Directement, la maturité de cette œuvre frappe. «Borremans semble émerger en tant qu’artiste pleinement abouti, explique le commissaire de l’exposition bruxelloise, Jeffrey Grove, aucune présentation de débuts maladroits ou de gaucherie expérimentale n’a encombré sa route.»

L’exposition bruxelloise est la première grande rétrospective consacrée à l’artiste en Belgique. Une centaine d’œuvres y sont présentées: des dessins, des peintures, des films. Créées ces vingt dernières années, elles présentent un très bel aperçu de l’évolution du travail de Borremans. Elles permettent aussi d’explorer son univers, les grands thèmes qu’il exploite.

Univers cruel et beau

Le monde de Michaël Borremans est plutôt mystérieux et hallucinant. Des hommes, des femmes, des enfants souvent seuls, comme frappés de mutisme, indifférents au monde qui les entoure. Des visages qui semblent surgir de nulle part, des bustes souvent meurtris… Un univers cruel et beau à la fois. De ces personnages représentés comme des objets émane une tristesse un peu mélancolique.

Le travail de Borremans s’enracine tout autant dans le passé que dans le présent. Du passé, on peut citer l’inspiration iconographique de quelques grands artistes comme Velázquez, Goya ou Manet. Mais il puise aussi son inspiration dans la littérature contemporaine, la photographie et le cinéma. Et face à ses toiles et dessins, on ne peut se retenir de penser aussi à Magritte ou Delvaux…

Michaël Borremans est un artiste complet dont le travail touche bien des domaines. Il peint ses premières toiles au départ de photographies trouvées et de photogrammes. Mais depuis le milieu des années 2000, il met en scène des scénarios qu’il photographie avant d’en tirer toiles et dessins. Il filme aussi – en 35 mm – des personnages tout aussi étranges que ceux de ses toiles. La rétrospective propose d’ailleurs cinq films qui montrent la maîtrise de l’artiste.

Mais le sujet le plus exploité par Borremans – et présenté dans la dernière salle de l’exposition – c’est «The house of opportunity». Un motif récurrent dans son travail après 2000, un peu son «Empire des lumières»… Est-ce une maison, une grange? Ces bâtiments percés de trous, peints ou encore présentés en trois dimensions n’ont pas d’échelle. Les hommes les entourent minuscules ou les manipulent tels des jouets. Sans doute l’aspect le plus surréaliste de cette rétrospective.

L’ensemble des œuvres présentées à Bruxelles proviennent de collections privées mais aussi publiques, belges et internationales. Les musées américains, entre autres, suivent depuis longtemps déjà le travail du Belge. D’ailleurs après Bruxelles, la rétrospective sera présentée cet automne au Tel Aviv museum of art en Israël et au printemps prochain au Dallas museum of art aux États-Unis tous deux partenaires de Bozar dans cette aventure.

Michaël Borremans, As sweet as it gets, jusqu’au 3 août 2014 à Bozar, tous les jours sauf le lundi de 10 à 18h(nocturne jusqu’à 21hle jeudi). Il est possible (conseillé) d’acheter son ticket sur internet: www.bozar.be