pédophilie

Le pape François « demande pardon »

Le pape François a «demandé pardon » vendredi au nom de l’Église et pour la première fois depuis son élection pour les «dommages causés » à des enfants par des prêtres pédophiles, et affirmé que les sanctions devaient être «très sévères ».

«Je me sens dans l’obligation d’assumer tout le mal commis par quelques prêtres, un petit nombre évidemment au regard de tous les prêtres, et de demander personnellement pardon pour les dommages qu’ils ont causés en abusant sexuellement d’enfants », a déclaré Jorge Bergoglio en recevant le Bureau catholique international de l’enfance (BICE) au Vatican. «L’Église est consciente de ce mal. Nous ne voulons pas reculer en ce qui concerne le traitement de ce problème et les sanctions qui doivent être prévues ». Au contraire, a ajouté le souverain pontife, «je crois qu’elles doivent être très sévères! On ne joue pas avec les enfants! ». Son prédécesseur, Benoît XVI, avait déjà personnellement demandé pardon mais François ne l’avait pas encore fait même s’il avait dénoncé ces crimes.

François a poursuivi son discours avec une rare virulence, vitupérant contre ce qu’il appelle «la pensée unique » de la société libérale, notamment dans l’éducation, confirmant bien ainsi son ancrage conservateur. Il a élevé sévèrement la voix contre des «manipulations éducatives » dans la société contemporaine.

Il a attaqué ce qu’il conçoit comme des dérives de la société contemporaine, en fulminant contre «tout type d’expérimentation éducative », qui mettrait selon lui en danger la psychologie des enfants. «Les horreurs de la manipulation éducative que nous avons vécues sous les grandes dictatures génocidaires du XXe siècle n’ont pas disparu. Elles sont encore d’actualité, sous des atours et propositions diverses, qui, sous prétexte de modernité, contraignent les jeunes à emprunter la voie dictatoriale de la “ pensée unique”», a ajouté le pontife argentin, s’inscrivant dans la tonalité dramatique de Jean-Paul II qu’il s’apprête à canoniser le 27 avril.