Reniements

EdA - Jacques Duchateau

L’approche de Pâques ne suscite pas que repentir et réconciliation. Dans l’univers impitoyable de la politique, l’heure est, plus que jamais, aux reniements et aux trahisons.

Hier, à Rome, le pape demandait pardon pour les dommages causés aux victimes par les prêtres pédophiles. Un geste sans doute inspiré par la période pascale.

Sans vouloir oser des rapprochements trop audacieux, ce n’est pas le même état d’esprit qui domine en Belgique, à l’entame de la dernière ligne droite électorale. Comme chacun le sait, la scène politique n’est pas un espace particulièrement vertueux. Et la proximité du scrutin ne fait qu’exacerber petites et grandes lâchetés, luttes fratricides et difficultés à surmonter les problèmes d’ego.

En ces temps de montée au calvaire, tous les coups sont permis. Même les plus rudes. L’électeur ayant la responsabilité de compter les points au coup de cloche final.

C’est surtout le moment du reniement. De l’oubli volontaire des compromis gênants, de tout ce qui a été accompli par les coalitions sortantes. C’est ainsi que Melchior Wathelet assumera seul le plan de répartition des vols au-dessus de la capitale même si celui-ci avait été adopté par les mêmes partenaires du fédéral. Décidément, il n’y a plus d’amis!

D’autres se lavent aussi les mains du travail accompli. Qui, au terme d’un long carême budgétaire, est encore prêt à assumer la réforme du chômage et le plan d’activation des demandeurs d’emplois? Pas André Antoine, certes, ni Elio Di Rupo qui devaient être distraits ou souffrants au moment des débats…

Reniements des idées et des alliances, trahisons envers les personnes: des eurodéputées comme Véronique De Keyser ou Anne Delvaux savent aussi ce qu’il en coûte de ne plus être en odeur de sainteté dans leurs formations respectives…

Pour rester dans la sémantique religieuse, Pâques c’est aussi le temps du renoncement. Alors, pour Écolo, mieux vaut oublier le plan éolien ainsi que les innombrables querelles qui ont empoisonné les relations du gouvernement wallon.

Pour autant qu’il y ait, au bout du calvaire, un petit rameau d’olivier porteur d’espérance. Voire, une résurrection?