CYCLISME

Madiot : «Paris-Roubaix ne se gagne que si on en a envie»

Madiot : «Paris-Roubaix ne se gagne que si on en a envie»

Le décor est posé et les acteurs vont s’animer dès dimanche: les pavés resteront les stars de la course. Belga

Marc Madiot, vainqueur en 1985, nous parle de Paris-Roubaix. Pour gagner l’Enfer du Nord, il faut pour ainsi dire rentrer dans les ordres.

Quand on croise Marc Madiot, le directeur sportif de la FDJ, au détour de l’un ou l’autre secteur pavé de Paris-Roubaix, on acquiert la certitude que cet ancien vainqueur (en 1985) reste amoureux de cette classique.

«Personnellement, en tant qu’ancien coureur, je n’ai que des bons souvenirs de l’Enfer du Nord, nous dit le Mayennais. J’ai fait 5e en 1983, et j’avais 24 ans, j’étais avec Moser, Kuiper, Duclos Lassalle et compagnie. Simplement, ce jour-là, j’avais compris que je pouvais gagner cette classique. Donc, après, il faut évidemment avoir les bonnes jambes le bon jour, mettre tous les ingrédients de son côté au bon moment. Mais quand on est convaincu qu’on a ce qu’il faut pour gagner un jour, c’est déjà la moitié du chemin qui est faite. Mais il faut surtout en avoir envie. Pour moi, c’est l’essentiel. Après, on peut se conditionner par rapport à cette course, des semaines avant. Je considère que c’est une course qui ne s’improvise pas. Il faut l’appréhender mentalement, dans les semaines et les mois qui précèdent. Même en hiver, on y pense déjà. Et puis on programme son début de saison en fonction de cela, en fonction de l’envie qu’on a d’y réussir»

Une seule conviction

Encore une fois, en prenant le départ de la classique, Madiot n’avait qu’une seule conviction: « Celle que j’allais gagner. Il était inutile de penser que j’allais tomber ou subir l’une ou l’autre crevaison. »

Arnaud Démare, dont on parle beaucoup ces derniers temps, peut donc compter sur deux anciens vainqueurs de Paris-Roubaix, en la personne de Madiot, mais aussi de Guesdon.

«C’est un plus au niveau de l’équipe, admet Madiot, parce qu’on connaît cet événement. On a l’expérience du vécu, la tension de cette course. C’est le genre d’épreuve où c’est toute une ambiance… Il faut vivre, penser, rêver Paris-Roubaix. Il faut se mettre dedans. On a nos habitudes, nos réflexes dans l’équipe. Un an à l’avance, on sait où on sera, ce qu’on fera et à quel endroit. Le jeudi, on fait les essais de matériel, on sait qu’on part de tel endroit, on sait qu’on va manger dans le même hôtel et à la même table. On prend une série de repères qui rassurent

Madiot, comme tout le monde admet que l’endroit stratégique de Paris-Roubaix reste la Tranchée d’Arenberg. «Quant au Carrefour de l’Arbre, pour moi, dit-il, c’est plutôt le dénouement.»

Et si on évoque le duel tant attendu, Madiot précise: «Pour moi, le duel, cela sera plutôt entre Cancellara et l’équipe Quick Step, arbitré par Vanmarcke ou Van Avermaet. Les Français? On est plus en outsiders. Comme dans les Flandres, il y a trois ou quatre noms au-dessus de la mêlée, puis il y a un lot d’une bonne trentaine de gars, qui peuvent venir faire un podium… ou faire trentième.»