Ukraine

Le Premier ministre se rend dans l’Est

Le Premier ministre se rend dans l’Est

Le Premier ministre Iatseniouk n’a eu aucun contact direct avec les insurgés lors de sa visite dans l’Est. AFP

Le Premier ministre ukrainien s’est rendu vendredi dans l’est du pays pour tenter d’apaiser les tensions. En vain.

Arseni Iatseniouk a fait une visite de quelques heures à Donetsk, l’une des deux villes de l’Est russophone où plusieurs milliers d’activistes pro-russes se sont emparés de bâtiments publics. Des troubles qui ont fait craindre une intervention russe, Moscou ayant massé selon l’Otan jusqu’à 40 000 hommes à la frontière.

Les activistes, pour certains armés, occupent depuis dimanche le bâtiment de l’administration régionale à Donetsk et celui des Services de sécurité (SBU) à Lougansk, villes situées à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe.

Arsen Avakov, ministre de l’Intérieur du gouvernement arrivé au pouvoir fin février après le renversement d’un régime pro-russe, avait menacé les séparatistes qui ne déposeraient pas les armes de recourir à la force, mais Iatseniouk est venu vendredi tendre un rameau d’olivier. Affirmant qu’il n’y avait «pas de voie pour la force », il a offert des garanties, qui risquent toutefois de ne pas satisfaire les contestataires les plus radicaux. Le Premier ministre s’est engagé à proposer avant la présidentielle anticipée du 25 mai des révisions constitutionnelles pour «équilibrer les pouvoirs entre le pouvoir central et les régions ». Et a promis de ne toucher «sous aucun prétexte » aux lois garantissant le statut des langues autres que l’ukrainien. Mais les séparatistes, soutenus par la Russie, exigent une «fédéralisation » de la Constitution ukrainienne.

Iatseniouk n’a eu aucun contact direct avec les insurgés.

Vers une guerre du gaz ?

La question très sensible des livraisons de gaz russe est également revenue dans le débat. Le ton est encore monté entre Occidentaux et Russes. L’UE a sèchement rappelé la Russie, qui lui fournit près du quart de son gaz, au «respect de ses engagements », après que Vladimir Poutine a mis en demeure jeudi les Européens d’apurer les milliards de dette gazière de l’Ukraine sous peine de voir leur approvisionnement menacé. Bruxelles a pris soin de souligner que les achats gaziers européens «contribuaient pour à peu près 50% des recettes du budget fédéral russe », et le président russe a d’ailleurs baissé d’un ton, assurant que les engagements russes seraient tenus.

Le commissaire européen à l’Énergie, Günther Oettinger, a quant à lui dit travailler à une solution pour aider l’Ukraine, qui multiplie les contacts avec des fournisseurs de rechange potentiels, à payer ses factures.

Les pays développés et émergents du G20, réunis vendredi à Washington, ont indiqué «surveiller » de près la situation.