Soucieux de donner l’exemple, Matteo Renzi se déplace en Smart. Pour compenser les milliards de baisses d’impôts promis aux plus faibles revenus, il s’attaque aux symboles qui heurtent les Italiens comme les gros salaires de la Fonction publique ou les grosses berlines des hauts fonctionnaires.

Il espère réaliser 4,5 milliards d’économies en coupant dans le train de vie de l’État et 2,2 milliards viendront des recettes de la TVA et de la hausse des impôts sur les opérations financières de la Banque d’Italie.

151 voitures en vente. Il a frappé les esprits fin mars en mettant en vente sur eBay 151 voitures officielles, dont des Jaguar et des Maserati. Ce n’est toutefois qu’une goutte d’eau parmi les quelque 60 000 véhicules utilisés par les organismes publics, un parc dont l’entretien dépasse le milliard d’euros annuel, selon des estimations de l’État. Les enchères contribueront sans doute médiocrement à réduire les 2 000 milliards d’euros de dettes de l’Italie mais l’initiative est hautement symbolique pour le nouveau président du Conseil.

Fermeture d’ambassades. Il a aussi fermé des ambassades peu fréquentées (Islande, Honduras, République dominicaine).

Gros salaires plafonnés. Le président du Conseil s’attaque aussi aux gros salaires de la Fonction publique qui ne pourront plus dépasser celui du président de la République (230 000 euros brut par an). Les économies pourraient atteindre 300 à 400 millions d’euros, selon les estimations les plus hautes. «Il n’est pas admissible qu’un dirigeant puisse voir son salaire augmenter si le pays va mal. C’est une opération de justice sociale », estime Renzi. De telles mesures risquent d’être difficiles à faire exécuter. D’autres gouvernements s’y sont cassé les dents avant lui.

Dirigeants exclus. Renzi a appelé les entreprises contrôlées par l’État (ENEL, ENI, Finmeccanica) à exclure de leurs instances dirigeantes tout administrateur inculpé de délit financier.