Parmi les réformes que Matteo Renzi mène au pas de charge, celle concernant le mode de scrutin est l’une des plus conséquentes.

La chambre des Députés a adopté mi-mars une nouvelle loi électorale. Elle instaure un mode de scrutin plus efficace pour obtenir de «vraies» majorités. La loi prévoit «une prime de majorité », assignée au parti ou à la coalition qui dépasse les 37% de voix au premier tour. Si aucun parti n’atteint les 37%, le ballottage se fera entre les deux premières formations arrivées en tête, et la prime sera moins élevée. Les seuils d’entrée au parlement ont été fixés à 4,5% pour les formations mineures faisant partie d’une coalition, à 8% pour ceux qui courent seuls et à 12% pour chaque coalition. Dans un tweet, le chef du gouvernement s’est félicité de cette adoption: «merci aux députées et aux députés qui ont démontré que l’on pouvait vraiment changer l’Italie». Ajoutant, dans son style familier: «politique 1 – défaitisme 0. Ceci est le bon tournant». Le nouveau mode de scrutin ne s’appliquera qu’à la Chambre des députés. Les réformes institutionnelles prévoient aussi l’abolition du Sénat, ce qui prendra au moins un an. Il veut faire une assemblée «à l’allemande », mettant ainsi fin au bicamérisme parfait, ce qui devrait réduire le nombre de parlementaires. Jusqu’à présent, chaque projet de loi devait passer devant la Chambre des députés, puis devant le Sénat et ainsi de suite jusqu’à son adoption finale. Une fois cette loi adoptée, seuls les députés voteront les lois, le Sénat devenant une assemblée exclusivement consultative.