Moins d’agents dans les bureaux, un organigramme plus lisible et des nouveaux directeurs: la police fédérale s’ébroue.

La publication le 26 mars de la loi assurant une meilleure «optimalisation» de ses services, passant par un renforcement des missions opérationnelles sur le terrain, et l’adoption d’un organigramme simplifié, adapté aux nouveaux arrondissements judiciaires (passés de 27 à 12), doivent permettre à la police fédérale d’appréhender les défis qui l’attendent dans les prochains mois.

Revenant sur cette réforme et dressant un bilan de son action, la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet a dit espérer que « le prochain gouvernement pourra continuer à soutenir et financer la police», un des enjeux futurs étant l’informatisation.

Avec la commissaire générale de la police fédérale, Catherine De Bolle, la ministre a présenté l’ensemble des nouveaux directeurs. Ils entreront en fonction le 1er juin. Parmi eux, figure le nouveau directeur général de la police judiciaire fédérale, Claude Fontaine, fraîchement décoré de l’ordre du mérite français. Nommé pour cinq ans, ce dernier, qui a fait ses classes à la gendarmerie, s’est fait connaître à la direction du pilier judiciaire de la police fédérale dans la lutte contre la traite des êtres humains. L’ensemble de la réorganisation sera définitivement opérationnel le 1er octobre.

La ministre a rappelé qu’elle avait pu faire engager 400 policiers, en moyenne, en plus par an pour compenser les départs. Un quart de ces effectifs est destiné aux services d’enquête dont 72 en plus pour la police judiciaire de Bruxelles (terrorisme et cybercriminalité). La direction générale de la police administrative pourra compter sur 157 unités supplémentaires.

Pour cette année, 7 millions d’euros supplémentaires ont été dégagés pour les investissements, notamment l’utilisation de caméras intelligentes.

Polémique «criminalité»

La ministre s’est réjouie de la baisse de la criminalité en Belgique l’année dernière (-6%), les agressions dans les transports en commun bruxellois ayant diminué de 25%.

Ce bilan a été contredit par le député bruxellois Alain Destexhe qui, se référant au dernier rapport de la «Global Study On Homicide 2013» (années 2005-2012), a fait observer que Bruxelles était «la seconde capitale la plus criminogène » d’Europe occidentale après Luxembourg (voir toutes les nuances à ce sujet en page 9). Le député MR a exigé la publication de «statistiques mensuelles» de la criminalité à Bruxelles ainsi que la réalisation d’ «enquêtes de victimisation» (sondages).