Bruxelles, une capitale mortelle ?

L’ONU a publié une étude sur les homicides à travers le monde. Bruxelles n’est pas très bien classée, ce qui a fait bondir, un peu vite, Alain Destexhe.

Le rapport fait froid dans le dos: 437 000 personnes à travers le monde ont été victimes d’un homicide en 2012 (lire ci-dessous). La Belgique n’a pas échappé au phénomène. Et Bruxelles serait une ville particulièrement criminogène, à en croire Alain Destexhe (lire p.4).

Le communiqué envoyé hier par le député MR, candidat à la Région bruxelloise le 25 mai prochain, est pour le moins interpellant: «Bruxelles, 2e capitale la plus criminogène de l’Union européenne, pas une fatalité! Des mesures concrètes. »

La capitale de l’Europe et de la Belgique serait donc une ville dangereuse, où «le taux d’homicide est plus de deux fois plus élevé qu’à Berlin, Rome, Madrid…». La seule ville du Vieux-Continent où on risquerait davantage sa peau qu’à Bruxelles serait… Luxembourg.

Trois homicides ont été commis dans la capitale du Grand-Duché en 2011 (derniers chiffres disponibles). Soit un taux de 3,2 homicides pour 100 000 habitants. À Bruxelles, ce même taux se chiffre (pour 2012) à 2,6/100 000. Trente homicides ont été commis dans la capitale. À titre de comparaison, Paris (1,8), Londres (1,3) ou Rome (0,9) enregistrent de meilleurs résultats que Bruxelles. Et c’est précisément ce constat qui a fait bondir le député bruxellois.

Sauf que dans la précipitation, l’homme s’est trompé. Bruxelles, au niveau du continent européen, n’arrive «qu’à» la onzième place et non à la deuxième. Tirana, Tallinn et Chishinau occupent les trois premières places de ce triste podium (lire ci-contre). Oslo est plus «dangereuse» que Bruxelles.

Contacté, le réformateur «reconnaît avoir commis une erreur ». L’homme a basé son communiqué sur un article de presse qui l’a induit en erreur, dit-il. «Mais il faut regarder le fond plus que la forme, s’empresse-t-il d’ajouter. Ce qui compte en terme de politique, c’est que Bruxelles compte un taux d’homicide deux fois plus élevé que des capitales comparables, qu’elle est très mal classée et que Bruxelles est une ville dangereuse. Il y a une sous-évaluation de la délinquance

Une violence qu’il conviendrait de contrer notamment en durcissant les peines, en construisant de nouvelles prisons ou en réformant la police bruxelloise. Un discours qu’aime répéter le député connu pour son discours sécuritaire. Parfois de manière précipitée.