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Compteur de calories, calendrier de fertilité, rythme cardiaque: l'Europe consulte sur l'e-santé

Compteur de calories, calendrier de fertilité, rythme cardiaque: l'Europe consulte sur l'e-santé

Les 20 applis les plus populaires, dont le calendrier de fertilité et le compteur de calories, totalisent déjà 231 millions de téléchargements dans le monde. DR

L’Union européenne ne veut pas rater le train de la santé mobile. Elle consulte à tout-va pour développer au mieux ce marché lucratif.

La Commission européenne orchestre une vaste consultation publique sur la santé mobile. Il s’agit des pratiques médicales et de santé publique reposant sur des dispositifs mobiles (smartphones, tablettes et autres appareils sans fil) ainsi que des applications concernant la santé et le bien-être. Certaines permettent déjà de mesurer la pression artérielle, le rythme cardiaque, d’administrer l’insuline aux personnes diabétiques, de gérer son stress…

Le marché de l’e-santé est en plein essor. 97 000 applications sont d’ores et déjà disponibles sur de multiples plateformes telles qu’iTunes, Google play, Windows Marketplace et BlackBerry World. D’ici 2017, 3,4 milliards de personnes posséderont un smartphone et la moitié d’entre elles utiliseront des applis de santé mobile.

Le développement de ces applications dont 15% concernent les professionnels de la santé ne va pas sans poser de questions concernant notamment la sécurité des utilisateurs, l’efficacité réelle de ces applications dont un peu moins de la moitié est payante, la protection des données…

99 milliards d’économies à l’échelle européenne

La Commission européenne a déjà couché dans Le livre vert de la santé mobile ses principales préoccupations. En ouvrant une consultation publique, la vice-présidente de la Commission européenne Neelie Kroes, chargée de la stratégie numérique, entend donner un solide coup de pouce au secteur.

« Grâce à la santé mobile, certaines visites onéreuses à l’hôpital pourront être évitées, les citoyens pourront mieux prendre en charge leur propre santé et leur propre bien-être, et la démarche préventive prendra progressivement le pas sur la démarche curative», argumente-t-elle, chiffres à l’appui. En 2017, si son potentiel est pleinement exploité dans l’Union européenne, la santé mobile pourrait permettre d’économiser 99 milliards d’euros. «C’est aussi une formidable occasion pour l’économie florissante des applis mobiles et pour les entrepreneurs

Les associations de consommateurs et de patients, les professionnels de la santé, les autorités publiques, les concepteurs d’applis, les fournisseurs de services de télécommunications, les fabricants d’appareils portables, les particuliers ont jusqu’au 3 juillet pour répondre au questionnaire disponible en anglais sur http://ec.europa.eu/eusurvey/runner/green-paper-mHealth-2014

Aux États-Unis où plus de 40 000 applications mobiles ont déjà été développées, un programme (Global mHealth Initiative) a été mis au point pour évaluer celles-ci.

Un des responsables a confié au Baltimore Sun que «si la majorité de ces applications n’apportent pas un réel bénéfice en terme de santé, elles permettent de familiariser les usagers aux futurs usages de e-santé.» Un premier pas vers des applications médicalement plus avancées.