Un conducteur qui heurte un jeune homme avec sa voiture et ne s’arrête pas, commet un délit de fuite. Un délit sévèrement réprimandé par la Justice.

Que le conducteur affirme ne s’être rendu compte de rien sur le coup, qu’il soit passé à la police quand, plus tard, il s’est rendu compte de son implication dans l’accident, qu’il ait indemnisé la victime ne l’exonèrent aucunement des poursuites pénales. Qu’il y ait eu plainte ou pas d’ailleurs. En l’occurrence, il y en a eu une que les parents ont ensuite retirée. Si le chauffeur est un député, l’affaire gagne en notoriété et en médiatisation. Le parquet général de Liège, suivant le parquet d’Arlon, a demandé la levée de l’immunité parlementaire du député wallon, bourgmestre de Chiny, le socialiste Sébastian Pirlot. Sébastian Pirlot conduit la liste socialiste aux prochaines élections du 25 mai. Mais au fédéral, ce qui signifie qu’après les élections, il n’aurait plus été député wallon. Cette levée de l’immunité parlementaire et la publicité négative qui l’entoure, n’avaient donc rien d’impérieux. Pire, elle s’avère superflue et inutile puisqu’il conviendra de recommencer la procédure après les élections pour celui qui sera alors député fédéral. Le timing malheureux de cette procédure ouvre la porte à tous les procès d’intention. Des procès d’intention alimentés par le président socialiste luxembourgeois le ministre Philippe Courard lui-même. Au parquet général, on répond qu’il s’agit de stricte procédure et d’un concours de circonstances qui ne tient aucunement compte de l’agenda politique. «La période est pourrie pour un dossier qui implique un politique», dit-on au parquet général. Exact. Agir normalement sans tenir compte de l’agenda politique et certains crient au complot politique. Attendre l’après-élection pour poursuivre la procédure et d’autres verront dans la manœuvre la protection d’un politique, alors que l’électeur a le droit de savoir. À qui profiterait donc le crime en l’espèce? Pas à grand monde en définitive. Pas à la Justice qui prête le flanc à la critique. Pas aux partis qui sont suspectés d’avoir instrumentalisé l’affaire. Pas à la politique en général sujette aux sarcasmes des populistes. Peut-être finalement à Sébastian Pirlot qui pourrait y gagner un statut de victime qui, l’histoire le dit, plaît aux électeurs.