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Henri Michaux, de l’écriture au dessin

Une galerie bruxelloise expose actuellement une quarantaine de dessins et peintures d’Henri Michaux. L’occasion de redécouvrir l’écrivain et artiste né à Namur.

D’accord, il a adopté la nationalité française en 1955. Il vivait d’ailleurs à Paris depuis 1925. Mais pour beaucoup de Belges, Henri Michaux reste bien un enfant du pays. Certains n’hésitant pas à saluer l’entrée de l’écrivain dans la prestigieuse Pléiade, en 1998, comme celle du «premier» Belge!

Et il est vrai qu’Henri Michaux est né en bord de Meuse, à Namur, en 1899. Il grandira à Bruxelles, étudiera en Flandre et dans la capitale. Et il écrit ses premiers textes en Belgique, pendant la guerre. Au départ, l’écriture ne l’intéresse pas, il préfère d’abord la médecine puis très rapidement les voyages en s’engageant comme matelot sur un bateau. Le désarmement général décidé en 1921 le ramène sur terre et bientôt il redécouvre, après avoir lu Lautréamont, l’écriture.

Poète principalement, Michaux est également connu pour ses carnets de voyage. Il n’hésitera pas à évoquer dans des textes ses expériences – sous surveillance médicale – de prise de drogue, la mescaline plus particulièrement. Des expériences durant lesquelles il écrit et dessine pour expérimenter l’influence des psychotropes sur la création artistique.

Car, à partir de 1925 et son installation à Paris, Henri Michaux va conjuguer littérature et création artistique. Dans le sillage de Max Ernst, de Paul Klee ou de Giorgio di Chirico, il commence à dessiner et à peindre. Plus tard, c’est la calligraphie qu’il étudiera.

Au départ, littérature et dessin restent très liés dans une œuvre qui continue à privilégier l’écriture. Mais à partir des années 50 – Henri Michaux mourra en 1984 – la pratique artistique va devenir de plus en plus importante même si l’écriture ne disparaîtra jamais.

C’est à partir de ces années-là que l’œuvre picturale d’Henri Michaux va se faire connaître. Il sera exposé partout dans le monde. Et continue à l’être.

En Belgique, curieusement, si ce n’est dans quelques expositions collectives, on n’a guère souvent l’occasion de voir les œuvres d’Henri Michaux. Une grande rétrospective a bien été proposée, à Charleroi et Bruxelles en 1971 sans oublier une expo à Namur et Bruxelles en 1995. Certains galeristes bruxellois ont aussi exposé Michaux, la dernière fois en 2007.

On profitera donc de l’initiative de la galerie française Antoine Laurentin, installée depuis un an à Bruxelles. Elle propose actuellement (et jusqu’au 21 mai) quelque quarante œuvres de l’artiste. Une exposition qui est aussi un beau panorama du travail d’Henri Michaux puisqu’on y découvre tout autant ses fameuses encres de Chine sur papier mais aussi des aquarelles ou encore des gouaches colorées, un aspect moins connu de son œuvre.

Galerie Laurentin, rue Ernest Allard, 43 à Bruxelles (près du Sablon).