Electro-rock

Shaka Ponk, la liberté de créer

Shaka Ponk, la liberté de créer

Shaka Ponk ne veut pas se laisser enfermer dans un style. «On ne s’interdit rien.»

Shaka Ponk, c’est le groupe dont tout le monde parle en France. Éclectiques, provocateurs, ce sont aussi des bosseurs un peu geeks.

Ils ont mis le feu à l’Ancienne Belgique, mercredi soir, après deux concerts annulés pour cause de blessure de Frah, le chanteur. Leurs concerts aux Ardentes, en juillet, et au Palais 12 de Bruxelles, en novembre, sont déjà très attendus par les fans. Shaka Ponk, groupe qui mélange rock, électro, hip-hop et créations graphiques est devenu en quelques années un véritable phénomène, récemment élevés en France au rang de chevaliers des Arts et des Lettres. Rencontre avec Sahama Sam, la jolie chanteuse, et Ion, le batteur.

On doit vous appeler «chevaliers»?

Sahama Sam: S’il vous plaît! Si vous pouviez le faire à genoux, ce serait l’idéal! (rires)

Quand vous l’avez appris, vous avez cru à une blague?

S.S.: Exactement! Au début, je n’ai pas compris. Mais après, j’ai trouvé intéressant qu’une femme comme Mme Filipetti prenne la défense d’un groupe comme nous. C’était plutôt inattendu!

Samaha, vous êtes allée à la cérémonie avec un t-shirt portant la mention «We don’t give a fuck». C’était voulu?

S.S.: J’adorerais dire que c’était rock’n’roll! Mais je n’ai pas réfléchi en le mettant. C’est un t-shirt que j’adore et que je porte souvent. Et là, quand j’ai vu les photos, je me suis sit: «Aaaah ouais…»

Et la polémique que cela a suscité?

S.S.: Moi, je peux comprendre que certaines personnes qui mettent une grosse symbolique derrière cette décoration ne comprennent pas. Du coup, je ne suis pas choquée qu’ils soient choqués.

Venons-en à votre actualité musicale. Vous avez sorti un live fin de l’an dernier, un nouvel album voici quelques jours et vous annoncez déjà un autre album fin de l’année…

S.S.: On est un peu des «workaholics», on travaille tout le temps! On a besoin de créer tout le temps.

Ion: On a une certaine dynamique… L’année qui vient de passer a été assez courte. Et finalement, on a produit plus de son que prévu. Du coup, on vient de sortir le White Pixel Ape voici quinze jours et le Black Pixel Ape est prévu fin de l’année.

S.S.: Au départ, on voulait sortir deux albums le même jour. Mais cela aurait pu être indigeste.

Quelle différence y aura-t-il entre les deux albums?

Ion: Le premier que l’on a écrit, c’est le Black Pixel. On l’a fait au lendemain de la blessure de Frah, en pleine tournée. Du jour au lendemain, tout s’est arrêté. On était entre-nous à Paris, en studio, et on a essayé de positiver, même s’il y avait une petite déprime.

S.S.: Mais l’album ne sera pas complètement dark non plus. Après, on a pris dix jours de vacances et on s’est remis au boulot et cela a donné White Pixel, un peu plus festif.

Vous êtes six et tout le monde fait un peu de tout. Comment ça se passe au niveau des décisions?

Ion: On vote pour choisir des versions… C’est la démocratie du rock’n’roll (sourire). Cela demande beaucoup de dialogue. On est devenus plutôt bons en psychanalyse de groupe! (rires)

Qu’est-ce qui fait que vous gardez ou pas une chanson?

S.S.: Pour moi, un album, c’est un voyage. C’est pour cela que l’on explore un peu tous les styles.

Ion: C’est toujours ce que l’on a revendiqué. On est assez éclectiques. On ne s’interdit rien.

S.S.: Au risque de heurter les puristes. On a voulu sortir des critères musicaux imposés par les maisons de disques. Avec notre label Tôt ou Tard, on a une totale liberté.

Justement, grâce à votre succès, votre label a engagé six personnes. Une fierté?

S.S: Cela fait plaisir, car le monde de l’art est dans une telle crise… Mais bon, ce n’est pas que nous!

Ion: Avant nous, Yael Naïm a également connu un beau succès et elle nous a certainement permis d’être là. Donc si à notre tour on peut rendre la pareille…

Comment vivez-vous le succès?

Ion: À part quelques détails techniques au niveau du matériel, on a un peu près le même quotidien qu’il y a dix ans.

S.S.: Sauf qu’aujourd’hui, dans les salles il y a des gens! (rires).

Shaka Ponk, «The White Pixel Ape», Pias. Aux Ardentes, le 10 juillet et au Palais 12, le 5 novembre.