ÉLECTIONS RÉGIONALES 2014

Élections régionales: tout ce qu'il faut savoir sur l'arrondissement de Liège

Élections régionales: tout ce qu'il faut savoir sur l'arrondissement de Liège

EdA Hermann

ARRONDISSEMENT DE LIÈGE | Les enjeux des élections régionales, les têtes de liste, les questions qu'on se pose, les surprises envisageables: voici tout ce qu'il faut savoir avant d'aller voter aux élections régionales.


ÉA l'occasion des élections du 25 mai 2014, les citoyens seront amenés à renouveler le parlement wallon. Celui-ci comprend 75 sièges, qui se répartissent en fonction des circonscriptions électorales. 

Pour le scrutin régional, les circonscriptions correspondent aux arrondissements administratifs de chaque province et le nombre de siège à pourvoir est proportionnel au nombre d'habitants. Les élus au parlement wallon siégeront de facto au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui comprend 94 membres: les 75 députés wallons et 19 élus francophones de Bruxelles. 

Avec plus de 620000 habitants dans ses 24 communes, la circonscription de Liège est celle qui pourvoit le plus de sièges au parlement wallon, à savoir treize. Les autres arrondissements de la province sont ceux de verviers (6 sièges) et de Huy-Waremme (4 sièges).

Voici les principales informations concernant les élections régionales et qu'il est utile de connaître avant de se rendre dans l'isoloir.

Les têtes de liste

Jean-Claude MARCOURT 
PS - Liège

Jean-Claude Marcourt occupe la tête de liste du PS. Il s'agit d'une position assez attendue puisqu'il fait partie des candidats plus ou moins déclarés au poste de ministre-président de la Région wallonne. 

Le Liégeois, durant la mandature 2009-2014, a fait partie des exécutifs au sein des entitées fédérées, en tant que ministre wallon de l’Économie, des PME, du Commerce extérieur, des Technologies nouvelles et ministre de l’Enseignement supérieur à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Jean-Claude Marcourt est également conseiller communal à Liège depuis 2006 et chef de groupe des socialistes depuis les élections communales de 2012.

Il s'était pourtant présenté à la tête de la liste européenne du PS en 2009, mais a été appelé à intégrer le gouvernement de Rudy Demotte. Cette candidature en tête de liste aux régionales constitue donc une première pour lui.

Christine DEFRAIGNE 
MR - Liège

Comme pour le scrutin régional de 2009, lors duquel elle avait récolté presque 20000 voix de préférence, Christine Defraigne emmène la liste du MR. Si les réformateurs devaient entrer la majorité (actuellement de type "Olivier", soit PS-cdH-Ecolo), elle pourrait donc endosser un rôle d'avant-plan au niveau régional.

Députée wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles pendant la mandature 2009-2014, Christine Defraigne était aussi présidente du groupe MR au Sénat. Cette assemblée, en effet, est notamment constituée de 21 sénateurs de communauté, dont 10 proviennent de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Christine Defraigne est par ailleurs cheffe de groupe MR (dans l'opposition) au conseil communal de Liège. 

Philippe HENRY
Ecolo - Aywaille

La tête de liste écolo est occupée par Philippe henry dans l'arrondissement de Liège. Il a fait partie de l'exécutif wallon durant la mandature 2009-2014, en tant que ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de la Mobilité, des matières qui l'ont régulièrement mis sur le devant de la scène régionale. 

Pour autant, à l'instar de Jean-Claude Marcourt, Philippe Henry ne figurait pas sur la liste régionale Ecolo au scrutin régional de 2009. Cette position de leader constitue une première épreuve électorale d'envergure pour lui.

Marie-Dominique SIMONET
cdH - Esneux

Le cdH est emmené par l'Esneutoise Marie-Dominique Simonet, députéen régionale sortante. Elle a fait partie du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles durant la dernière mandature, en tant que ministre de l'Enseignement obligatoire. Mais, pour rappel, elle a été remplacée en juillet 2013 par la Hervienne Marie-Martine Schyns, pour des raisons de santé. 

Elle opère un retour en tant que première candidate effective, comme en 2009, scrutin lors duquel elle avait obtenu plus de 14000 voix de préférence.

Frédéric GILLOT
PTB-GO - Blegny

"Envoyer un syndicaliste au parlement wallon", c'est le but poursuivi à Liège par le PTB-GO avec Frédéric Gillot en tête de liste. Il est l'une des figures syndicales (FGTB) de l'actualité sidérurgique, en tant que délégué sur le site de Chertal d'ArcelorMittal. Âgé de 52 ans, il a milité avec le PS jusqu'en 2006 avant de prendre ses distances puis de rejoindre le PTB.

André-Pierre PUGET
PP - Liège

A 46 ans, André-Pierre Puget emmène la liste régionale pour le Parti populaire de Mischaël Modrikamen. Ayant travaillé dans divers secteurs (agricole, pétrolier, automobile, etc.), il compte décrocher un siège à Liège.

René COURTOIS
FDF - Ans

René Courtois endosse la tête de liste pour les FDF d'Olivier Maingain, qui entendent effectuer une percée en Région wallonne. Habitant à Ans, il avait créé une petite surprise lors des élections communales de 2012, décrochant un siège de conseiller avec 6,43% de suffrages pour sa liste. Âgé, il a exercé une carrière dans des fonctions commerciales et de marketing.

LES AUTRES PARTIS

Voici les autres partis qui se présentent à Liège pour le scrutin régional: RWF (Rassemblement Wallonie-France - tête de liste: Gaëlle Polis), La Droite (Sonia Evrard), Wallonie d’abord (Pascal Marteau), Front wallon (Suzanne Meulders), VLC (Valeurs libérales citoyennes, (Jean-Pierre Larose), NWA (Nouvelle Wallonie Alternative, (Louise Leroy), Nation (Philippe Meunier), Islam (Mohamed Said Guermit), MG (Mouvement de gauche, Patrick Olczyk), Parti des pensionnés (Joseph Franz), Vega (Salvador Alonso Merino).

Les questions qu'on se pose

Quel résultat pour Jean-Claude Marcourt?

Le score obtenu par la tête du liste du PS fera l'objet de beaucoup d'observations au soir du 25 mai. Candidat plus ou moins déclaré à ce poste, il devra obtenir un score important s'il veut endosser la fonction de ministre-président wallon et succéder au Hennuyer Rudy Demotte. L'épreuve sera de taille pour le ministre liégeois, lorsqu'on sait que c'est Michel Daerden, au sommet de sa popularité, qui occupait la première place effective en 2009, avec un score record de 63580 voix de préférence. 

Les ministre sortants seront-ils sanctionnés?

Il arrive régulièrement que les électeurs sanctionnent les majorités sortantes lors de scrutins. Les partis de la majorité (PS-Ecolo-cdH) en feront-ils l'expérience? Les baromètres politiques annoncent en tout cas le cdH et Ecolo en perte de vitesse. 

Le sort de Philippe Henry (Ecolo), ministre sortant de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de la Mobilité demeure une incertitude. D'autant plus, rappelons-le, qu'il n'a jamais eu l'occasion de faire ses preuves électorales, puisque la liste était emmenée par Bernard Wesphael en 2009.

Le cdH s'était un peui écrasé en 2009, obtenant à peine 12% des suffrages. Marie-Dominique Simonet, bien qu'elle ait quitté le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en juillet dernier, reste cependant une importante pourvoyeuse de voix: 14282 voix de préférence en 2009. Parviendra-t-elle à conserver cette popularité?

Et le MR, sans Didier Reynders?

La Liégeoise Christine Defraigne emmenait déjà la liste des réformateurs lors des dernirèes élections régionales, obtenant un score personnel assez honorable: 19769 voix de préférence. Elle pouvait alors compter sur l'appui d'un candidat dernier suppléant de choix, avec Didier Reynders (17422 voix de préférence). 

On a vu à Liège-ville que le départ de ce dernier vers la capitale coûtait au MR local, avec un résultat plus que mitigé lors des communales de 2012. L'absence de Didier Reynders pèsera-t-elle dans l'ensemble de la région liégeoise? Influera-t-elle toujours sur le résultat du MR, ou ses électeurs liégeois ont-il fait leur deuil? A l'inverse, la présence dans l'opposition du MR à la Région wallonne (et dans plusieurs grosses entités de l'arrondissement) lui profitera-t-elle?  

Les "petits partis" obtiendront-ils des sièges à Liège?

En tant que plus grosse circonscription wallonne, avec ses 13 sièges à pourvoir, l'arrondissement de Liège constitue un terrain de choix pour les partis qui ne sont pas encore représentés au parlement, mais qui comptent bien obtenir un ou plusieurs sièges. La marge de manoeuvre y est sans doute plus importante que dans d'autres arrondissements et ce seraient, le cas échéant, les partis "traditionnels" qui y perdraient vraisemblablement des plumes.

On songe spontanément au PTB-GO, le PTB ayant récolté plusieurs sièges communaux en région liégeoise en octobre 2012 et ne cessant de grimper dans les sondages. Les différents baromètres politiques le placent aux alentours de 8-9% et plusieurs personnalités liégeoises du parti, Raoul Hedebouw en tête (il est candidat au fédéral), devraient peser dans la balance.

Si le Parti populaire remporte des sièges dans certaines circonscriptions, il se peut que Liège en fasse partie également. Le score du PP s'élève à 7% dans le baromètre politique Le Soir/RTL/Ipsos sde fin avril.

Les FDF sont eux aussi candidats à l'obtention de l'un ou l'autre siège, mais le parti présidé par Olivier Maingain n'a guère décollé dans les sondages, ces derniers mois, pour ce qui concerne la Wallonie.

Quel sidérurgiste remportera la plus de succès?

Outre la guerre qui se joue à gauche entre le PS et le PTB-GO!, le terrain liégeois verra un intéressant duel entre syndicalistes se jouer. Frédéric Gillot endosse la tête de liste du PTB-GO!, lui qui a été délégué FGTB au sein d'ArcelorMittal durant de nombreuses années. Au PS, c'est Robert Rouzeeuw, le président de la délégation FGTB au sein du même groupe ArcelorMittal, qui occupe la 6e place effective, une place de combat. 

Si les deux hommes affirment ne pas se livrer à un combat fratricide, il sera tout de même intéressant d'observer leurs résultats respectifs. Et d'analyser qui du PS ou du PTB-GO! récolte le plus de suffrage dans le milieu syndical socialiste.

A noter qu'un autre sidérurgiste, le Flémallois, Alberto Avallone est 10e candidat suppléant sur la liste d'Ecolo.

D'autres personnalités

Quelques autres personnalités pourraient bien récolter de nombreuses voix le 25 mai.

Citons entre autres l'arrivée en politiquen de Benoît Thans, ancien footballeur professionnel et actuel consultant sportif, qui occupe la 13e place effective sur la liste MR. Louis Smal est dernier candidat suppléant au cdH. Lui n'est pas un nouveau venu, mais demeure une ancienne figure du syndicalisme (CSC) et du milieu footballistique également, en tant qu'ancien président de la Famille des Rouches au Standard.

Au PS, la dernière suppléance a été confiée à Véronique De Keyser, "évincée" de la liste européenne, mais qui pourrait finalement rapporter des suffrages à la liste régionale. La dernier candidat effectif auprès d'Ecolo n'est autre que José Daras, fondateur du parti en 1980 et ancien ministre wallon, qui jouit toujours d'une aura parmi les électeurs écolos. 


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