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Aveugle, il joue de l’accordéon pour les non-voyants

Aveugle, il joue de l’accordéon pour les non-voyants

Non-voyant, Éric Morelleest un virtuose de l’accordéon.Il sort un CD au profitdes aveugles et malvoyants. EdA

Atteint d’un glaucome, Éric Morelle a perdu la vue à l’âge de huit ans. Loin de se laisser abattre, il a décidé de mener une vie normale.

Éric Morelle est compositeur et accordéoniste. Il vient de composer un album de 12 titres au profit de la fondation I See qui forme des chiens-guides pour les personnes déficientes visuelles (lire ci-dessous).

Plus qu’une passion, la musique il l’a étudiée. «À l’école, je pouvais choisir entre le piano ou l’accordéon, explique cet habitant de Remicourt (Waremme). Le piano était trop classique pour moi. Même si, au final, je n’ai pas pu y échapper.»

Distingué au championnat du monde

À 23 ans, Éric décroche deux grandes distinctions au championnat du monde de 1981. La consécration d’heures de travail et de doigts usés sur les touches et boutons de son instrument. Une abnégation qui force encore plus l’admiration quand on sait que le mélomane est aveugle. « À l’âge de 8 ans, j’ai perdu la vue à cause d’un glaucome. À l’époque cela ne se soignait pas. On m’a annoncé que c’était irréversible.»

Une fois le choc de la nouvelle passé, Éric se promet de mener une vie comme les autres. C’est à ce moment-là qu’il décide de se mettre à la musique. «Il a fallu vouloir s’y mettre, mais ce n’est pas plus compliqué que pour un voyant. Je ne voulais pas culpabiliser à cause de mon handicap. Il n’y a pas que ça dans la vie, il faut pouvoir persévérer.»

Marié à Martine, elle aussi non-voyante, et heureux papa de quatre enfants, âgés de 7 à 19 ans, le musicien travaille à Mons dans le call-center des «Amis des aveugles de Ghlin ». Un travail qu’il affectionne, même s’il est loin de chez lui. «Je passe quatre heures dans le train tous les jours. Mais cela ne me pose aucun problème. Je connais plein de gens qui ont la vue et qui n’arrêtent pas de se plaindre. Ils ne savent pas la chance qu’ils ont. »