Si vous n’avez jamais goûté à l’ambiance lourde et glauque du Funny Games de Hanneke, qu’il s’agisse de sa version originale (et conseillée) ou de son écho américain, autant faire l’impasse sur Borgman.

Le bain a remplacé les œufs, mais dans le fond, la trame est la même: un homme, un certain Camiel Borgman, frappe à la porte d’une propriété cossue parce qu’il aimerait faire trempette. Une fois qu’il aura mis le pied dans l’embrasure, ses habitants ne parviendront plus à s’en débarrasser. Borgman est entré, Borgman va maintenant s’installer, prendre et pousser chacun dans ses derniers retranchements.

Alex Van Warmerdam, le réalisateur, s’était déjà signalé dans les années 90 avec un film inclassable, Les habitants. Vingt ans plus tard, il n’a visiblement rien perdu, ni de son humour noir et absurde, ni de son sens du surréalisme. Dans une veine moins réaliste qu’Hanneke, Van Warmerdam nous montre à voir une famille bourgeoise rattrapée par ses démons, sans que l’on puisse dire, au final, si Borgman existe ou s’il s’agit d’un fantasme collectif, voire d’une allégorie.

Et s’il apporte plus de questions que de réponses (et c’est incontestablement voulu), il place le spectateur dans un constant embarras, entre curiosité et voyeurisme. C’est formidablement déstabilisant. À condition d’aimer ça.Mi.D.

Cinéart

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