BRUXELLES

«Jordan, dehors!»: les pompiers bruxellois brûlent l'effigie de leur directrice

Les pompiers réclament la démission de la directrice générale du SIAMU. Pour se faire entendre, les pompiers ont brûlé son effigie. Ce que n'a pas apprécié Rudi Vervoort, qui a refusé de recevoir les hommes du feu.

Après avoir arrosé copieusement le siège du Ministre-président Rudi Vervoort (PS) qui a refusé de les rencontrer, les pompiers Bruxellois se sont rendus au siège du PS, ce mercredi. Avec 8 camions et une centaine d'homme juchés sur les échelles, toutes sirènes hurlantes. La circulation sur le boulevard de l'Empereur a été interrompue dans les deux sens durant le rassemblement.

Là-bas, une délégation des pompiers du SIAMU (Service d’Incendie et d’Aide médicale urgente) a parlementé pendant une petite heure avec les représentants du parti. A sa sortie, le dirigeant responsable du SLFP-ALR Eric Labourdette a rappelé fermement les revendications de ses collègues: la démission de la directrice générale du SIAMU Chantal Jordan (PS).

 

Une grève administrative «totale»

"Le dialogue avec elle est impossible", souligne Labourdette. "Nous allons maintenant rentrer à la caserne et informer nos collègues que nous commençons une grève administrative totale". Dans son dos, les pompiers ont alors scandé un "Jordan, dehors! T'as pas ta place ici!" sans équivoque.

Plus tôt dans la journée, cette centaine de pompiers de la caserne de l’Héliport s'étaient rassemblés devant le siège du gouvernement bruxellois, boulevard du Régent. Deux échelles ont été déployées au-dessus du bâtiment. À l’aide d’une des deux échelles, les pompiers ont arrosé le toit du siège du gouvernement.

«Au bûcher, la sorcière»

Sur la seconde échelle, une pancarte réclamant la démission de la directrice Chantal Jordan a été installée. Les pompiers ont également bouté le feu à une poupée géante à l’effigie de leur directrice, devant les grilles du bâtiment.

C'est suite à ce "feu de joie" que les portes du cabinet Vervoort leur ont été fermées. Voyant le dialogue rompu, le secrétaire d'Etat de la Lutte contre l'Incendie et l'Aide médicale urgente Christos Doulkeridis (Ecolo) est descendu dans la rue pour parlementer avec les hommes du feu. Les pompiers ont répété que ce n'est pas contre Doulkeridis qu'ils manifestaient, mais contre "le cadeau empoisonné de Vervoort". Les manifestants ont ensuite menacé de recommencer leurs actions "chaque semaine" si des mesures urgentes ne sont pas prises.

Harcèlement

Pour rappel, les pompiers demandent la démission de la directrice générale du Siamu, qu’ils accusent d’être à l’origine d’une dégradation des conditions de travail. Ils relèvent notamment plusieurs plaintes pour harcèlement. Les pompiers réclament par ailleurs un cadre opérationnel complet, soit un appel à candidatures pour six majors au lieu de cinq comme le souhaite la directrice, qu’ils soupçonnent de vouloir s’assurer une place prépondérante au conseil d’administration.

Avant leur manifestation, les hommes du feu s’étaient réunis en assemblée générale à la caserne de l’Héliport. Ils se sont prononcés à l’unanimité en faveur de la démission de leur directrice générale, selon le représentant syndical Éric Labourdette, dirigeant responsable du SLFP-ALR.

 

Vervoort «ulcéré»

 

De son côté, le Ministre-Président bruxellois Rudi Vervoort (PS) regrette et condamne fermement les "débordements" devant son cabinet boulevard du Régent et celui du Secrétaire d’Etat Christos Doulkeridis. Il annonce qu'il "ne cèdera pas au chantage".

Vervoort tient surtout à rappeler que les comportements qui se focalisent sur une personne et qui portent atteinte à son intégrité n’ont jamais fait avancer les discussions.

Vervoort souligne qu'il "était prêt" à rencontrer les syndicats des pompiers ce mercredi. "Cependant, et malgré les appels à la raison venus des membres des cabinets, la délégation a persisté dans l’idée de mettre le feu à une effigie de la Directrice du SIAMU".

«Ignoble»

Le Ministre-Président rappelle également que l’utilisation du matériel du SIAMU à cette fin est formellement interdite et qu’il a néanmoins été confisqué par les manifestants.

Face à un geste d’une telle violence et revêtant un caractère ignoble, le Ministre Président a, en dernière minute, annoncé son refus de débattre sur de telles bases.

"Je constate avec amertume que la confiance est rompue envers la direction de cette délégation. Nous appelons les syndicats à veiller à s’interroger sur les conséquences d’un tel acte, que rien ne peut justifier", appuie Vervoort, qui se dit "ulcéré".