Bruxelles -

Visite du président chinois en Belgique : des opposants se rasent la tête

Banderole AmnestyAmnesty International

La viste d’Etat du président chinois Xi Jinping et de son épouse Peng Liyuan, ne laisse pas ses opposants indifférents. A l’image des militants d’Amnesty ou de ces Tibétains qui se sont rasés la tête en signe de solidarité avec les 133 personnes qui se sont immolées par le feu au Tibet depuis 2009.

En marge de la rencontre à Bruxelles du président chinois Xi Jinping avec les présidents des instances européennes Herman Van Rompuy, Martin Schulz et José Manuel Barroso, plus de 200 personnes, selon la police, se sont rassemblées lundi de 12 à 14 heures devant le Parlement européen pour réclamer le respect des droits humains en Chine et au Tibet.

Ce rassemblement a été organisé par la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, l’International campaign for Tibet, l’Unrepresented nations and peoples organization et les communautés tibétaines et ouïghours.

Une cinquantaine de Tibétains, dont plusieurs femmes, se sont rasés la tête en signe de solidarité avec les 133 personnes qui se sont immolées par le feu au Tibet depuis 2009.

Les pompiers ont veillé à éviter qu’un manifestant ne tente de s’immoler. Sur les pancartes, les militants demandaient au président chinois de rencontrer le Dalaï-Lama, d’entamer le dialogue ou de partir du Tibet. Ils dénoncent la détérioration des droits de l’Homme en Chine et au Tibet depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping.

«L’Union européenne ne doit pas appliquer de double standard en matière de Droits de l’Homme», a estimé Henri Malosse, président du comité économique et social européen. «Elle ne peut pas exiger le respect des identités à M. Poutine et en même temps se coucher devant M. Xi Jinping», a-t-il ajouté.

Les banderoles d’Amnesty

Ce matin des militants d’Amnesty International ont déroulé des banderoles au-dessus des principaux tunnels de la petite Ceinture de Bruxelles, souhaitant ironiquement la «Bienvenue au grand leader de la République populaire de Chine».

L’organisation interpelle de façon «humoristique» le président Xi Jinping, qui effectue une visite d’Etat de trois jours en Belgique, sur les graves atteintes à la liberté d’expression dans son pays et sur la répression contre le «Mouvement des Nouveaux Citoyens», un réseau de plusieurs milliers de citoyens militant pour les droits des civils en Chine.

«Le président chinois ne souhaitait visiblement pas voir de manifestants sur son parcours et notre demande d’autorisation a donc été rejetée. Ce qui en soit est déjà préoccupant», déplore Philippe Hensmans, directeur d’Amnesty International Belgique francophone.

«Nous avons donc opté pour une approche plus humoristique qui consiste à glorifier les relations entre l’Union européenne et la Chine alors que les Etats européens sont réticents à mettre les droits humains au centre de leur dialogue avec le président Xi Jinping. Mais non sans rappeler certains articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme inscrits en chinois sur les banderoles et demander la libération de l’activiste Xu Zhiyong du Mouvement des Nouveaux Citoyens», ajoute M. Hensmans.

Amnesty rappelle dans un communiqué que les atteintes à la liberté de parole sont pratiques courantes en Chine. «Les écrivains, journalistes et défenseurs des droits humains qui dénoncent les atteintes aux droits fondamentaux ou remettent en cause des pratiques jugées politiquement sensibles risquent d’être victimes de surveillance policière, de harcèlement et d’arrestations arbitraires», souligne l’ONG.

«L’Union européenne a déjà exprimé son inquiétude quant à ces violations massives des droits humains en Chine, mais de manière trop frileuse. La visite du président chinois est donc une occasion inespérée pour les dirigeants de l’Union européenne de mettre ces atteintes aux droits humains réellement au cœur de leurs discussions avec la Chine», conclut Amnesty.