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L’espoir dans la lutte contre le cancer du pancréas

L’espoir dans la lutte contre le cancer du pancréas

Le cancer du pancréas est un des plus insidieux. Le nouveau traitement ne le soigne pas encore mais donne espoir. Reporters / BSIP

De nouveaux traitements arrivent en Belgique.Ils améliorent le confort de vie et le pronostic des malades souffrant d’un cancer du pancréas.

Le diagnostic de cancer du pancréas sonne souvent comme le glas. C’est un cancer dont on ne guérit que dans 5 à 6% des cas: quand on peut opérer et enlever la tumeur car elle est de taille raisonnable. «Pour tous les autres malheureusement, on ne peut pas faire grand-chose, explique le professeur Jean-Luc Van Laethem, chef de service d’oncologie digestive à l’hôpital Érasme ULB. On traite avec des médicaments palliatifs qui prolongent la survie mais qui ne guérissent pas

Pendant une quinzaine d’années, il y avait un seul médicament, la gemcitabine qui offrait des survies très limitées à maximum 6 mois. Mais de nouveaux médicaments font évoluer le pronostic: il y a des polychimiothérapie et il y a un nouvel agent, l’abraxane qui permet d’obtenir des avancées significatives. «On ne guérit pas encore plus de patients, mais on leur offre une meilleure survie, une meilleure qualité de vie.» explique le Dr Van Laethem.

Pourquoi ce cancer est-il si mortel?

Le cancer du pancréas n’est pas dépisté systématiquement, car il ne fait pas l’objet de campagnes de dépistage… «Il n’y a pas non plus de raison de faire un dépistage de masse», précise Jean-Luc Van Laethem.

Ensuite, c’est un cancer qui peut se développer de manière insidieuse, sans donner de symptôme, puisqu’il se développe dans la partie postérieure de l’abdomen. «Il prend parfois des proportions importantes avant qu’on le détecte. Soit il y a des métastases, soit la tumeur grandit au contact de gros vaisseaux: des veines et des artères, qu’on ne peut pas enlever

C’est une tumeur dont la biologie est très agressive et très complexe, avec de multiples mutations et de multiples phénomènes biologiques qui font évoluer la tumeur très vite et la rendent résistante à de nombreux médicaments.

Les nouveaux traitements: l’espoir

Parmi les nouveaux venus, le Dr Van Laethem pointe l’abraxane. «C’est une forme de chimiothérapie un peu particulière, associée à des nanoparticules. Globalement, elle pénètre mieux dans la tumeur et va éliminer des verrous et des portes dans la tumeur qui empêchent le médicament d’être actif.» Le gain sur la durée de vie des patients est de deux mois sur l’ensemble de la population par rapport à l’ancien traitement. Le taux de réponse est plus élevé et à trois ans, il y a plus de malades en vie.

Le but n’est pas juste de prolonger «l’agonie» du patient, mais d’améliorer réellement son confort de vie. «Les personnes qui ont un cancer du pancréas souffrent beaucoup. Ils maigrissent car ils ne mangent plus… On remarque avec les nouveaux traitements une diminution des douleurs: ils remangent, se portent mieux. »

À terme, le Dr Van Laethem espère pouvoir sauver davantage de patients: en réduisant la taille de la tumeur, les nouveaux médicaments pourraient la rendre opérable. « On fait la chimio avant l’opération si la tumeur n’est pas enlevable. Et si elle est enlevable, on donne le médicament après l’opération dans le but d’augmenter les résultats de la chirurgie et d’empêcher la récidive.»

Ces traitements sont reconnus et enregistrés, ils ont dépassé le stade expérimental. Ils devraient être remboursés prochainement en Belgique.