VISITE DE BARACK OBAMA - L'ENVERS DU DÉCOR

Mardi, j'ai attendu Barack Obama, pendant 4h30...

Mardi, j'ai attendu Barack Obama, pendant 4h30...

Jacques DUCHATEAU

Barack Obama débarque à Bruxelles. Branle-bas de combat en ville... et dans les salles de rédaction. Envoyé sur place pour couvrir son arrivée à Zaventem, j'ai du prendre mon mal en patience, dans le froid, pour quelques minutes d'images "historiques".

Le rendez-vous était donné à partir de 17h, sur un parking de l'aéroport de Zaventem. Ne voulant pas rester bloqué dans d'éventuels bouchons, je quitte la rédaction namuroise de L'Avenir à 16h. Et j'arrive donc, sans le moindre bouchon, à 16h55 sur le parking de l'aéroport. Soit avec près de 4h30 d'avance sur l'horaire prévu pour l'attérissage d'Air Force One...

400 ou 800 ?

Je retrouve sur place quelques confrères photographes, occupés à préparer leur matériel. PhotoNews, Belga, Reuters, EPA... Les forces vives de la presse photo belge sont là. Il y a aussi Benoît, photographe de l'agence Belga habitué des visiteurs VIP et de la famille royale. Il sera le seul à pouvoir s'approcher à quelques mètres du président US pour immortaliser la poignée de main historique avec le roi Philippe. Mais cela dépendra de la volonté... de Pete Souza, le photographe en chef de la Maison-Blanche. Benoît espère donc ne pas être venu pour rien. Mais une question les taraude tous : sachant que le podium dévolu aux médias se trouvera à 45,72 mètres de l'avion (les documents du programme sont précis), quelle est donc l'optique photo qu'il faut prévoir : 400mm ou 800mm ?

Un représentant de l'ambassade US à Bruxelles nous aborde et vérifie notre identité. Ouf, mon nom figure bien sur la liste des personnes accréditées.

"Le shuttle qui vous emmènera sur le tarmac part à 19h30". Nous voilà prévenus, il ne nous reste donc plus qu'à... attendre... Encore et encore... Chacun tue le temps comme il peut, Facebook, Twitter, vérification et re-vérification du matériel. Éric, de Belga, fait 45 grands pas et nous salue de loin. Ce qui permettra à chacun de définitivement choisir son matos.

19h30

Après une nouvelle vérification de l'identité de chacun, une responsable presse de la Maison blanche nous remet un badge, qui, lui, ne sera jamais contrôlé...

 

Le bus nous embarque enfin. On peut profiter quelques instants du chauffage... Direction : un batiment de la sécurité aéroportuaire. Je retrouve quelques visages connus, les responsables presse du Palais royal. Mais aussi de très nombreux policiers lourdement armés et protégés de gillets pare-balle. Également une brigade motocycliste de la police de Bruxelles, qui en a profité pour ressortir les Harley-Davidson. En espérant bien que Barack les remarquera.

Museau humide

Nous voilà tous faisant la file pour faire passer notre matériel... aux rayons X. Et là, la machine marquant quelques signes de faiblesse, ma caméra et le 400mm de Laurent auront même droit au museau un peu humide d'un chien renifleur.

Retour dans le shuttle. On finit par nous débarquer sur le tarmac, près de l'endroit où le Boeing 747 viendra se parquer. Il est quasi 20h. Nous nous retrouvons tous sur une remorque de camion, qui nous servira de podium. En plein vent. Et il reste une grosse heure quart à attendre. La patience est décidément une qualité professionnelle mise à rude épreuve.

Un rapide regard circulaire me permet de constater qu'au niveau sécurité, rien n'a été laissé au hasard. Des feux bleus clignotent un peu partout au périmètre de l'aéroport.

On aperçoit aussi plusieurs hommes perchés sur les toits. Équipés de jumelles à vision nocture, ils scrutent les alentours des pistes. D'autres attendent patiemment que... rien ne se passe. Et eux sont équipés d'armes de précision. Des tireurs d'élite. On évitera le terme "sniper".

Ok Bill

Plus proche de nous, le service d'ordre US veille. Pas question d'essayer de passer devant le "podium" pour faire une photo des collègues. Un bodygard, au physique de basketteur NBA dans un costard noir très classe, a vite fait de me rappeler à l'ordre. "If you go there, it's finish for you". Ok Bill, je me range.

21h. Un écho : "AF1 arrives in 13 minutes". On enclenche le chrono. Sur le tarmac, une délégation s'avance : le roi Philippe et le Premier ministre, bien entourés eux aussi.

C'est finalement peu avant 21h20 que l'immense avion touchera le sol belge.

On sent un peu de fébrilité autour de nous. Les services de sécurité aux aguets et les VIP, qui pourront approcher un peu plus que nous, s'avancent vers la piste. Et aussi Benoît, le photographe, qui est finalement invité à s'approcher de l'avion. C'est lui qui immortalisera LA poignée de mains.

Les médias se mettent enfin à l'oeuvre. Après une approche et quelques manoeuvres, l'avion s'immobilise à l'endroit prévu, à environ 45 mètres de nous.

Vu de si près, le monstre d'acier, floqué United States of America, impressionne. Peut-être même plus que l'illustre personnage qu'il renferme.

Encore quelques minutes d'attente. Deux limousines Cadillac blindées viennent se placer à proximité de l'escalier qui permettra à Barack Obama de descendre, d'un pas sportif, jusque sur le tarmac belge.

Après près de 4h30 d'attente dans le froid (et la faim...), vient enfin le moment tant attendu par la quarantaine de journalistes présents.

 

Le président des États-Unis, Barack Obama, apparait en haut des marches, descend rapidement et vient serrer la main du roi Philippe et du Premier ministre.

 

Dans deux ans

Mais de cette poignée de main me vient une réflexion. Je ne sais pas vraiment, du président Barack ou du roi Philippe, lequel des deux était le plus intimidé ou le plus honoré par cette rencontre. Mais une chose est certaine, dans deux ans, l'un sera toujours roi. L'autre...
 

 

Retrouvez ci-dessous le fruit de cette soirée : un reportage vidéo mis en ligne sur notre site dès 22h50... Presque du direct, finalement...