« J’ai deux Z’amours »

© SONY PICTURES TV/JP BALTEL

Il pourrait être en train d’écrire sur un tableau noir pendant qu’Olivier Minne présente les Z’amours. Détermination, aptitudes et concours de circonstances en ont décidé autrement. Rencontre.

Si ses mimiques sont cartoonesques, n’allez pas chercher de lien avec Tex Avery dans son pseudo, Jean-Christophe Le Texier voulait juste abréger. Tout comme il écourta sa carrière d’instituteur pour démarrer une ascension marathon. La décision, il la prend vers trente ans, après un passage au conservatoire de Troyes, la ville dans lequel le Croisicais a grandi. «J’habitais en province mais pas très loin et quand on est dans cette province proche, on est tenté par la proximité parisienne», se souvient l’humoriste. Premier pied dans l’étrier du succès avec Le petit théâtre de Bouvard: «C’était presque un accident», nuance Tex. «Jean-Marie Bigard et moi avions très envie de le faire, ça nous semblait fondamental de rentrer dans le microcosme du théâtre et des Parisiens. Rétrospectivement, on se dit qu’on lui a donné beaucoup plus d’importance par rapport à l’impact que ça a vraiment eu mais c’était la manière de se rendre compte que ce métier était difficile, qu’il fallait l’aborder d’une certaine manière, que certains attendaient leur tour depuis plus longtemps que nous. La Classe, ça a été une bonne période d’exposition comme ont pu vivre des jeunes chez Ruquier.»

Un jour, alors que les spectacles tournent bien, la scène ne suffit plus: «J’étais en recherche d’une émission de télé. À la manière de Jamel je voulais trouver une émission dans laquelle mettre tous mes trucs de comique», se souvient Tex. C’était en 2000 et rien ne laissait présager le succès et la longévité de l’animateur à la tête des Z’amours. «L’émission et moi on s’est rencontrés au bon moment» résume Tex. «Ma femme m’a conseillé de regarder l’émission, au départ je pensais que ce n’était pas ma came puis j’ai trouvé ça rigolo. J’ai vite eu ce sentiment que je devrais faire cette émission; plein d’amis m’en parlaient, me disaient que le présentateur partait, que je devrais y aller… Je me suis proposé et au début, on ne me calculait pas du tout! Mais tellement de gens parlaient de moi qu’ils ont fini par me recevoir.» À l’époque la production hésitait à prolonger Patrice Laffont, qui remplaçait alors Jean-Luc Reichmann, ou à opter pour Olivier Minne qui était ressorti du lot lors du vaste casting. Ce sera Tex.

«C’est un des trois moments-clés de ma vie, avec ma décision de faire du théâtre et mon premier Olympia. Trois moments qui étonnement coïncident avec les naissances de mes enfants. » Celui qui met en boîte soixante-sept émissions en dix jours pour pouvoir passer du temps sur scène déteste se poser. Durant les secondes de temps mort, il ébauche des projets. Dans les tuyaux: de la radio, un livre peut-être un jour (type almanach humoristique) mais aussi des envies de transmission héritées de l’époque pré-Tex: «c’est une des missions des enseignants. J’ai voulu apprendre le théâtre dans les classes mais je me suis heurté à la lourdeur administrative». Continuer à suivre les pas de Jamel en ouvrant une école? Pourquoi pas mais ce n’est pas d’actualité.