« Avec Alonso, j’ai dit oui de suite »

Paolo Bettini va monter une équipe cycliste avec Fernando Alonso. TDW

Paolo Bettini, approché par Fernando Alonso pour monter une formation professionnelle en 2015, n’a pas dit oui tout de suite.

«Oui, je n’ai pas dit oui le 18 décembre, mais le 26, éclate-t-il de rire. C’est un superbe challenge pour moi, C’est comme si je préparais le championnat du monde ou Liège-Bastogne-Liège. Honnêtement, monter une équipe en partant de rien, c’est quand même un fameux programme, non? C’est un beau défi pour le compétiteur que j’ai toujours été. Et puis, je n’ai encore jamais travaillé à cela et je suis fier aussi de dire que c’est lui qui est venu me chercher, même s’il y a un ami commun entre nous (NDLR: le kiné d’Alonso est aussi celui de Paolo).»

« Fernando m’a parlé de ce qu’il voulait comme équipe, explique Paolo. Et j’estime que ses idées sur l’organisation de cette formation sont innovantes. Il veut un maximum de professionnalisme dans chaque secteur de l’équipe. Par exemple, un soigneur ne va pas faire la cuisine, ou un directeur sportif ne va pas réserver les hôtels.»

Mais peut-on faire mieux que Sky, le modèle d’organisation? «C’est un peu différent, répond Bettini. C’est la perfection qui est visée: à chacun sa spécialité dans tous les domaines du cyclisme. Chacun qui fera partie de l’équipe se consacrera à 100% à son affectation.»

Alonso et Bettini sont donc tombés d’accord sur le projet. «Moi, annonce Paolo, j’aurai la compétence technique, c’est donc moi qui choisirai les coureurs, sans interférer sur le côté préparation ou médical, ou, encore, logistique. Cela sera donc une structure pyramidale, comme dans toute entreprise qui se respecte, avec un responsable pour chaque département.»

Quant au recrutement, il est encore en gestation «Aucun coureur n’a encore signé aujourd’hui, admet Bettini. J’avoue que j’ai pris de nombreux contacts avec certains d’entre eux, ou avec leur manager. On a convenu qu’on ne prendra que des coureurs qui sont libres de contrat en 2015. On ne veut pas casser ou racheter des contrats. Et si on veut un gars qui ne peut pas être chez nous en 2015, on attendra l’année suivante. On a cinq ans pour faire nos preuves, je sais que la première année sera difficile, parce que ce seront soixante personnes qui travailleront ensemble tout d’un coup. On se met deux ou trois saisons pour être opérationnel, un peu comme Sky. On veut monter une grande équipe, qu’elle soit World Tour ou pas. Elle sera internationale, il n’y a aura pas de groupe italien ou espagnol. Le siège officiel sera à Dubaï, mais le côté opérationnel sera à Oviedo, la ville de Fernando. En tout cas, c’est une grande opportunité pour le cyclisme. Quant aux sponsors, ils n’auront rien à voir avec ceux de Fernando (NDLR: notamment Santander). Et on devrait avoir une bonne nouvelle avant ce dimanche.»D.M.