Paolo Bettini : «J’avais tout fait à l’envers»

Paolo Bettini : «J’avais tout fait à l’envers»

Avec Paolo Bettini c’est la certitude d’être bien reçu, et d’une rencontre pleine de souvenirs très précis. TDW

Paolo Bettini, vainqueur de la Primavera en 2003, nous parle de cette course, mais aussi de ses projets avec Alonso. Rencontre à Cecina.

Poalo Bettini aura 40 ans le premier avril prochain. Il a ceci de particulier qu’il a toujours entretenu avec la presse des rapports courtois et directs. Celui qui vit, depuis qu’il a arrêté de courir, à Cecina, en Toscane, autant pour son boulot de consultant en sports, que pour y demeurer, nous a reçus de manière royale. Il n’y a pas d’autres mots, d’autant qu’il a bien voulu évoquer pour nous sa victoire sur Milan-San Remo en 2003, mais aussi son projet d’une nouvelle équipe avec Fernando Alonso.

Quand on entre dans le bureau de Paolo, ce ne sont que vélos, presque des reliques, mais aussi un mur entier qui résume sa carrière et ses plus grandes victoires. C’est de bon goût, d’une fine élégance, sans aucune volonté d’étaler ses trophées, sinon de montrer, simplement, que le vélo, c’est toute sa vie.

Paolo, vous remportez la Primavera en 2003. Et vous êtes capable de dire comment cela s’est passé?

Bien sûr! Ce jour-là, j’avais tout fait à l’envers. Les années précédentes, j’estimais que je n’avais commis aucune erreur, mais je n’avais pas gagné. En 2003, il y avait eu une attaque dans la Cipressa, avec les meilleurs. En dessous, sur la via Aurelia, je roule devant, mais je ne reçois aucune aide de personne . Et quand le peloton est revenu au pied du Poggio, je me suis dit que c’était foutu. Dans ma tête, c’était clair: ok, San Remo se termine pour moi avant le Poggio. Luca Paolini, mon équipier de l’époque (NDLR: aujourd’hui chez Katusha) me dit alors qu’il va quand même attaquer où je le lui ai demandé. Cela faisait trois mois qu’on préparait cela! Je lui ai dit que non, que cela n’en valait plus la peine. Lui, il est têtu et me répond: «si on suit pas le plan établi, alors, je vais faire gagner quelqu’un d’autre». Il m’a alors emmené comme je ne l’avais jamais été, et je suis dans les premiers avant le sommet du Poggio, juste derrière Celestino. Une fois dans la descente, je me suis retourné et je me suis dit que c’était bien: on avait lâché les autres. Au sprint, je bats Celestino et Luca termine troisième.

Ce succès à San Remo, cela vous a rendu un peu plus de notoriété, alors qu’à l’époque, l’Italie ne jurait que par Cipollini et Petacchi?

Je sais… Moi, j’ai toujours couru pour mes objectifs. Je suis toujours resté concentré là-dessus, sans trop regarder mes compatriotes qui aimaient parler et parler. J’avais raison, il suffit de regarder mon palmarès. Chez moi, ce sont des actes, pas du bla-bla et des belles photos dans les journaux. Que les Italiens aient préféré des autres, cela me laisse froid. Parce que je suis fier de ce que j’ai accompli sur le vélo.

Ensuite, vous êtes devenu sélectionneur de l’équipe nationale. C’est une expérience positive?

C’était important pour moi, parce que j’ai fait l’expérience d’une facette du cyclisme que je ne connaissais pas. C’était aussi, après ma carrière, intéressant d’avoir été commentateur technique pour la RAI. Avec la télévision, j’ai eu l’occasion de voir le cyclisme de manière différente, surtout le Giro. Pour moi, ces deux fonctions me permettent aujourd’hui de me forger une opinion sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire en ce moment. Et quand Fernando Alonso m’a appelé en décembre dernier, je pense sincèrement que le moment est arrivé pour moi de m’occuper d’une nouvelle formation cycliste professionnelle. Aujourd’hui, je suis tout à fait prêt à tenter cette nouvelle expérience.

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