L’expérience de Paolo Bettini sur Milan-San Remo en fait quelqu’un d’intarissable sur le sujet, même s’il ne l’a gagnée qu’une seule fois.

«C’est possible d’arriver à cinq, trois ou quatre-vingts coureurs sur San Remo, dit-il. Quoi qu’en dise Eddy Merckx, cela reste une loterie, parce que le matin à Milan, il y a quatre-vingts coureurs qui se disent qu’ils peuvent gagner. C’est une course difficile à interpréter. Si vous me dites qu’Eddy a gagné sept fois sur dix, je suis bien d’accord, mais l’époque n’est plus la même non plus. Aujourd’hui, bon nombre de coureurs sont prêts, sont préparés autrement, ils se spécialisent aussi…»

Une libération

« J’admets que ma première victoire dans Liège-Bastogne-Liège a changé ma manière de voir les choses, poursuit le Grillon, car je me suis dit que si je gagnais à Liège, alors je pouvais gagner partout ailleurs, mais San Remo, dans ma tête, cela a été plus ou moins une libération. Parce que j’ai toujours été persuadé que je pouvais gagner la Primavera. J’avais toutes les caractéristiques pour attaquer dans les côtes, et je n’étais pas non plus mauvais au sprint. Et sur la Primavera, chaque année, il y avait toujours quelque chose qui déjouait les meilleurs plans. Et puis, en 2003, c’est bingo. C’est donc une course bizarre

La question éternelle est de se demander si Milan San Remo est une course de sprinters.

«Ce n’est pas une course pour les sprinters, mais c’est une course où les sprinters peuvent gagner, analyse Paolo. Sur San Remo, il y a toujours un moment où on peut faire exploser le peloton, et c’est encore pire quand le mauvais temps s’en mêle. La veille de la course, on échafaude toujours les meilleurs plans, pour, une fois à Genova, savoir ce qu’il faut faire dans les Capi, se dire qu’on va travailler pour le leader. Derrière, il y a deux cents coureurs qui veulent faire la même chose. C’est donc impossible de comprendre la course, ses endroits fondamentaux. Parfois, rien ne se passe, ce qui me fait dire qu’on comprend le sens de la course à quatre kilomètres de l’arrivée. Mais je reste persuadé que le passage obligé pour gagner San Remo, c’est Tirreno-Adriatico.» D.M.

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